Le Parti socialiste (Ps) du Sénégal traverse une nouvelle zone de turbulences. Dans un communiqué publié, les initiateurs du Manifeste «Dundal Ps – Faire revivre le Ps» interpellent les militantes, les militants et l’opinion publique sur le déroulement des travaux de la Commission dite de relance. Ces socialistes qui dénoncent une rétention du pré-rapport regrettent, en effet, que la Commission ait choisi de s’en tenir à une présentation orale, refusant toute communication du document écrit.
Le ton du communiqué est ferme, parfois accusatoire. Les initiateurs du Manifeste «Dundal Ps» s’en prennent vertement à la Commission de relance du Parti socialiste. «Alors que le secrétariat exécutif national avait explicitement demandé la transmission du pré-rapport pour un examen approfondi, la Commission a choisi de s’en tenir à une présentation orale et de refuser toute communication du document, en contradiction manifeste avec l’exigence de transparence qui s’impose à elle», dénonce Alioune Ndoye et Cie.
Selon eux, cette attitude ne saurait être considérée comme un simple incident procédural. Ils soutiennent que ce refus obstiné ne relève ni d’un malentendu technique ni d’un simple retard de procédure. «Il traduit un choix politique grave : soustraire à l’analyse collective le diagnostic, les hypothèses, les débats, les consensus et les divergences qui ont présidé à l’élaboration de trente-trois conclusions destinées, pourtant, à engager l’avenir de notre parti», assurent les initiateurs du Manifeste.
Pour eux, «à l’heure où le Parti socialiste affronte une crise existentielle, substituer à la culture du débat loyal une culture de la rétention et du secret revient à confisquer la relance au lieu de la mettre au service de tous.»
Le communiqué insiste également sur l’aspiration d’une partie de la base militante à un changement de gouvernance. Pour Serigne Mbaye Thiam et Cie, l’espérance suscitée par la dynamique de refondation ne cesse de grandir. «Cette aspiration à la renaissance n’appelle ni de simples ajustements cosmétiques ni des manœuvres d’appareil, mais un travail de vérité, de clarté et de courage», assurent-ils.
Devant cette situation, les signataires mettent en cause les orientations prêtées à la Commission de relance. «Les orientations que la Commission tente d’imposer, sans rapport écrit et sans argumentaire accessible, s’apparentent davantage à une recomposition silencieuse des rapports de pouvoir qu’à une véritable refondation démocratique. La concentration des prérogatives au sommet, la marginalisation de la base, l’affaiblissement des contre-pouvoirs internes, ainsi que la place périphérique réservée aux jeunes et aux militantes, tout concourt à éloigner le parti de l’idéal de justice, de solidarité et d’égalité qu’il proclame.»
Les auteurs du texte expliquent avoir privilégié jusque-là le dialogue interne. D’ailleurs, expliquent-ils dans leur communiqué, «c’est au nom de cette unité que nous avons, jusqu’ici, renoncé à rendre publics certains textes d’analyse détaillée et de démarrer les visites à la base, afin de laisser toutes ses chances au dialogue interne et à une harmonisation des approches conformément aux décisions du Secrétariat exécutif national.»
Mais, face à ce qu’ils qualifient d’«entêtement», ils disent avoir décidé d’alerter publiquement. «L’entêtement dans la rétention du rapport de la commission, l’esquive du débat de fond et la volonté manifeste de faire avaliser des conclusions non discutées nous obligent désormais, dans un premier temps, à alerter les militants et l’opinion publique», notent les auteurs du Manifeste, exhortant les socialistes à exiger un processus conforme aux valeurs du parti. «Nous appelons solennellement toutes les socialistes et tous les socialistes, ainsi que leurs sympathisants, à refuser une relance en trompe-l’œil, sans diagnostic partagé et sans garanties démocratiques, et à exiger un processus conforme à nos valeurs : transparence dans les travaux, respect des décisions du Secrétariat exécutif national, pleine participation de la base, reconnaissance effective du rôle des jeunes et des femmes, et refondation courageuse de notre gouvernance interne.»
Sidy Djimby NDAO












