Dans une déclaration rendue publique ce 31 mars 2026 à Dakar, le Forum civil, section sénégalaise de Transparency International, alerte sur une dégradation préoccupante de secteurs clés et exige davantage de transparence dans la gestion des finances publiques et des contrats stratégiques. L’organisation pointant à la fois les crises sociales persistantes et les zones d’ombre entourant certaines décisions économiques majeures du Gouvernement.
Dans une déclaration détaillée, publiée hier, le Forum civil tire la sonnette d’alarme sur la situation nationale, pointant à la fois les crises sociales persistantes et les zones d’ombre entourant certaines décisions économiques majeures du Gouvernement. Premier sujet d’inquiétude : les perturbations récurrentes dans les secteurs de l’enseignement supérieur, de l’éducation nationale et de la santé. L’organisation de la société civile dénonce des «perturbations cycliques» qui compromettent la continuité de services publics jugés essentiels pour l’avenir du pays. Selon Matar Sall et Cie, cette instabilité constitue une atteinte directe aux droits fondamentaux garantis par la Constitution, notamment le droit à l’éducation et le droit à la santé.
«Transparence» et «redevabilité»
Dans ce contexte, l’organisation appelle à un changement de méthode. Elle plaide pour «la voie du dialogue et de la concertation», impliquant universités, structures sanitaires, syndicats et représentants des apprenants. L’objectif affiché : restaurer la continuité du service public et apaiser un climat social régulièrement secoué par des mouvements de grève.
Mais au-delà de la crise sociale, c’est la question de la gouvernance économique qui cristallise les préoccupations du Forum civil.
S’il reconnaît que la renégociation ou la résiliation de certaines conventions dans des secteurs stratégiques relèvent des prérogatives souveraines de l’État, il insiste toutefois sur l’encadrement juridique de cette souveraineté. «Transparence» et «redevabilité» doivent, selon le Forum Civil, rester les principes directeurs de toute action publique, notamment lorsqu’il s’agit de contrats engageant les ressources nationales.
Le Forum civil appelle à la diffusion des documents relatifs à la dette contractée en 2025
La question de la dette publique occupe également une place centrale dans cette déclaration. Le Forum civil revient sur les emprunts de 721 milliards de francs Cfa, structurés à travers des mécanismes financiers complexes, notamment les Total Return Swaps (TRS).
Pour le Forum civil, le problème n’est pas seulement le montant, mais aussi le manque de transparence sur les modalités. L’organisation estime que l’autorisation parlementaire évoquée par le Gouvernement ne couvre pas nécessairement les instruments financiers utilisés, ce qui justifie ‘’une exigence de clarification publique’’.
En conséquence, le Forum civil appelle à la publication exhaustive des conventions liées aux contrats renégociés dans les secteurs stratégiques, notamment extractifs, ainsi qu’à la diffusion des documents relatifs à la dette contractée en 2025.
Dans la même dynamique, il rappelle l’obligation pour l’État de publier le rapport du cabinet Forvis Mazars portant sur la dette publique, un document jugé crucial pour éclairer l’opinion sur la situation réelle des finances du pays.
Sidy Djimby NDAO













