Dans une déclaration au ton particulièrement offensif, le mouvement Gueum Sa Bopp/Les Jambaars alerte sur une crise sociale et institutionnelle profonde, critique la gouvernance actuelle et annonce une riposte politique et juridique. Les camarades de Bougane Gueye Dany qui s’attaquent violemment à Ousmane Sonko, invitent le président de la République à prendre ses responsabilités devant l’Histoire.
Le mouvement Gueum Sa Bopp/Les Jambaars a publié une déclaration contre la situation politique, économique et sociale du Sénégal. Dans un texte signé par le Directoire stratégique des Cadres Jambaars, l’organisation politique évoque une République en péril et appelle à un sursaut national.
En effet, Gueum Sa Bopp décrit un pays plongé dans une crise sociale profonde, masquée selon lui par les célébrations religieuses. « Nous sortons des célébrations de la Korité et de Pâques. Mais ne nous y trompons pas : cette année, la ferveur religieuse n’a été que le cache-misère d’une détresse sociale sans précédent. Là où le Sénégal devait vibrer d’espérance, il a tremblé de précarité. Sous ce régime, la fête est devenue un deuil financier. À nos compatriotes dont le panier de la ménagère a été vidé par l’incurie économique, nous disons : votre souffrance n’est pas une fatalité divine, elle est le produit d’un naufrage politique administré », analyse le mouvement.
Dans la foulée, Gueum Sa Bopp qui salue une distinction internationale de Bougane Guèye Dany note que dans un océan de promesses stériles, son leader est l’homme des résultats tangibles. Le mouvement consacre ensuite un long développement à la situation du monde rural, qu’il décrit comme dramatique.
« Le secteur primaire, poumon de notre souveraineté, est en état de mort cérébrale. La tragédie des maraîchers : Nous dénonçons l’absence criminelle de politique de commercialisation. Faute d’infrastructures de stockage et de soutien à l’écoulement, nos maraîchers voient leurs productions pourrir dans les champs. C’est le fruit d’une année de labeur qui part en fumée par l’incompétence d’un État spectateur. L’abandon paysan : le monde rural est le grand oublié du Projet. Pas de semences de qualité, pas de mécanisation réelle, pas de circuits de distribution. Nous affirmons notre soutien total aux agriculteurs et producteurs : nous documenterons chaque tonne perdue lors de notre tournée pour exiger réparation. », regrette le mouvement politique.
Sur la crise sociale, Gueum Sa Bopp exprime son soutien aux différents corps en lutte et dénonce une gestion autoritaire. « La grève des transports agit aujourd’hui comme un garrot sur l’économie nationale. Aux Transporteurs : Votre grève est un cri de survie. Refuser d’accéder aux revendications sur les montages sur les routes, tout en multipliant les contrôles brutaux, c’est institutionnaliser le racket et encourager la corruption sur nos routes. Chaque barrage devient une taxe illégale sur votre sueur. C’est un sabotage froid de la mobilité nationale. Aux Médecins et Enseignants : Nous dénonçons les ponctions de salaires indignes. », témoigne Gueum Sa Bopp.
Le mouvement annonce également une offensive judiciaire contre la fiscalité actuelle, en particulier la taxe sur les paiements en espèces. Gueum Sa Bopp a en effet annoncé une offensive juridique sans précédent.
« Nous attaquons devant la Cour suprême la taxe abusive de 1% sur les paiements en espèces. Cette mesure est arbitraire, inique et anticonstitutionnelle. Elle viole le principe fondamental de l’égalité des citoyens devant la loi et les charges publiques. Pourquoi punir le Sénégalais qui utilise son argent liquide ? C’est une fiscalité punitive qui frappe les plus démunis pour renflouer les caisses d’un État gaspilleur. Nous irons jusqu’au bout pour faire casser ce règlement qui étrangle le pouvoir d’achat et bafoue l’équité républicaine. », avertit-il.
Dans un passage particulièrement critique, Gueum Sa Bopp s’attaque à la gouvernance au sommet de l’État. Estimant que depuis l’alternance de 2024, le Sénégal est le laboratoire d’apprentis-sorciers, il note que célébrer le paiement des dettes comme un exploit est un aveu d’impuissance et une escroquerie financière.
« Ils empruntent plus cher pour rembourser mal : c’est la stratégie de la cavalerie financière déguisée en souveraineté. L’Indécence au Sommet : Comment parler de rigueur quand l’Assemblée nationale s’offre des véhicules à 50 millions l’unité, des billets pour la Mecque et des sukerou koor ? Ils ont remplacé l’éthique par le luxe insolent et sanctuarisé les fonds politiques opaques au mépris des priorités nationales. », souligne le document qui met également en cause une réforme du Code électoral, visant selon lui à favoriser les ambitions personnelles de Ousmane Sonko.
« Nous assistons à une forfaiture historique. Vouloir modifier le Code électoral pour rendre éligible une seule personne en 2029 est une trahison. L’Assemblée nationale n’est pas un salon de coiffure pour les ambitions personnelles d’Ousmane Sonko. On tord la Loi pour un clan aujourd’hui, on la brisera contre le peuple demain. Une loi doit être impersonnelle et générale ; ici, elle devient une arme de promotion personnelle. », regrette le mouvement, interpellant directement le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.
« Monsieur le Président de la République, Vous avez prêté serment devant Dieu, devant le Peuple et devant la Constitution. Vous n’avez pas prêté serment devant un homme ou un parti. La Constitution est le bouclier des faibles, pas l’outil de promotion d’un mentor. Bloquez cette loi de la honte. Refusez d’être le bras armé d’une trahison législative. L’histoire ne pardonne jamais les silences complices. », invite-t-il.
Sidy Djimby NDAO













