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SENELEC-AKILEE : La Convergence syndicale des travailleurs de Senelec entre dans la danse, dit non au contrat de 10 ans et prône le recours à la compétence interne



SENELEC-AKILEE : La Convergence syndicale des travailleurs de Senelec entre dans la danse, dit non au contrat de 10 ans et prône le recours à la compétence interne

 
À la veille d’un Conseil d’administration annoncé pour ce mercredi 7 octobre, la Convergence syndicale des travailleurs de Senelec (Csts) hausse le ton. Dans un courrier déposé ce mardi 6 octobre et adressé au président du Conseil d’administration démissionnaire, Habib Sy, dont le remplaçant n’a toujours pas pris service, les syndicats demandent le report de toute autorisation de signature du nouveau contrat envisagé avec Akilee. Le même courrier a été transmis au président de la République, au Premier ministre et au ministre du Pétrole et de l’Énergie. Au cœur de la contestation : un engagement de 10 ans portant notamment sur les compteurs intelligents et le système AMI. Les syndicalistes ont aussi invité les autorités à penser à l’utilisation de la compétence interne au lieu de s’enfermer dans un contrat de 10 longues années avec un particulier.
 
Le dossier Akilee revient sur le devant de la scène à Senelec, mais cette fois avec une alerte syndicale qui prend une dimension institutionnelle. La Convergence syndicale des travailleurs de Senelec (Csts) a décidé de saisir directement les plus hautes autorités de l’État pour demander que le projet de contrat entre Senelec et Akilee ne soit pas autorisé dans les conditions actuelles.
Le courrier, déposé ce 6 octobre 2026, est adressé à Habib Sy qui est toujours en poste, en attendant la prise de fonction de son successeur comme Pca. Il a également été transmis au président de la République, au Premier ministre et au ministre du Pétrole et de l’Énergie, signe que les syndicats entendent porter le débat au-delà du seul cadre interne de l’entreprise.
 
Un contrat décennal qui inquiète les travailleurs
 
Le projet doit être examiné lors du Conseil d’administration prévu aujourd’hui 7 octobre. Il porte notamment sur la fourniture et le déploiement de compteurs intelligents sur l’ensemble du territoire national, ainsi que sur la mise en œuvre d’une infrastructure AMI, pour une durée envisagée de dix ans. Pour les syndicats, l’enjeu est trop important pour qu’une décision soit prise dans la précipitation.
La Csts ne conteste pas la nécessité pour Senelec de moderniser son système de comptage. Elle estime au contraire que la digitalisation, la réduction des pertes, la maîtrise des consommations et le déploiement de technologies intelligentes sont devenus indispensables. Mais elle refuse que cette modernisation se traduise, «par un engagement de longue durée dont les conséquences financières, technologiques, industrielles et sociales n’auraient pas été suffisamment évaluées».
 
Akilee, le souvenir encombrant du contrat de 2019
 
Pour justifier sa vigilance, la Csts replonge dans le précédent contrat conclu entre Senelec et Akilee en 2019. Les syndicalistes rappellent avoir contesté à l’époque certaines dispositions de cet accord et saisi plusieurs organes de contrôle de l’État, notamment l’Inspection générale d’Etat (Ige), l’Armp, l’Ofnac et la Cour des comptes.
Dans son courrier, la Csts évoque notamment les conclusions de l’Armp concernant le contrat décennal de 187 milliards de F Cfa, présenté comme déséquilibré au détriment de Senelec. Elle se réfère également au rapport d’enquête n°02/2023 de l’Ofnac, dont elle affirme qu’il a relevé plusieurs infractions présumées liées au précédent contrat. La Csts s’appuie ainsi sur ces données, pour justifier sa demande de prudence. Pour les syndicats, le simple fait qu’un précédent aussi controversé existe devrait suffire à imposer un examen particulièrement rigoureux avant tout nouvel engagement avec le même partenaire.
 
49% d’Amco et des compétences en interne
 
La Csts pose ensuite une question de fond : pourquoi Senelec devrait-elle dépendre durablement d’un prestataire extérieur alors qu’elle dispose déjà d’atouts industriels et humains ? Les syndicats rappellent que Senelec détient 49% du capital d’Amco, une usine implantée à Dakar avec Hexing et capable de produire des compteurs.
Ils évoquent également une réflexion Amco-Hexing autour du développement d’une solution AMI intégrant notamment les systèmes de collecte et de gestion des données de comptage. Autrement dit, pour la Csts, plusieurs options existent et doivent être comparées avant toute décision.
L’argument syndical ne s’arrête pas à l’outil industriel. En septembre dernier, la Csts dit avoir réuni des compétences internes issues notamment du commercial, des systèmes d’information, de la distribution, du juridique et des ressources humaines. Les conclusions de cet atelier technique auraient mis en évidence la capacité de Senelec à contribuer elle-même au développement d’une solution AMI.
Selon les estimations avancées par les syndicats, une solution interne pourrait même être développée en six mois, à condition de mobiliser les moyens humains, techniques et financiers nécessaires.
La Csts dit ne pas comprendre pourquoi la Senelec devrait s’enfermer pendant dix ans.  Pour la Csts, le secteur technologique évolue trop rapidement pour enfermer Senelec dans une relation exclusive de dix ans sans mécanismes de flexibilité suffisamment solides. Les compteurs, les réseaux de communication, les systèmes de cybersécurité et les solutions de gestion des données pourraient connaître d’importantes évolutions au cours de la prochaine décennie.
 
Les questionnements de la Convergence syndicale des travailleurs de Senelec
 
Les syndicalistes veulent donc savoir quelles garanties permettront à Senelec de rester libre de changer de technologie ou de fournisseur si une solution plus performante ou moins coûteuse apparaît. La question des données des clients est également au cœur des préoccupations : qui en aura la maîtrise ? Où seront-elles hébergées ? Quelles garanties de confidentialité et de cybersécurité seront prévues ?
Face à toutes ces interrogations, la position syndicale est sans ambiguïté : pas de signature avant un examen approfondi du dossier. La Csts qui assure ne pas vouloir bloquer la modernisation de Senelec, demande au Conseil d’administration de surseoir à toute autorisation et sollicite une rencontre avec Habib Sy et, si nécessaire, les administrateurs afin de présenter ses arguments techniques, économiques, juridiques et sociaux.
Nd. Kh. D. F
 
 
Jean Baptiste Diouf, nouveau Pca de Senelec, mis devant le fait accompli
 
L’affaire devient burlesque quand on sait que c’est aujourd’hui même, jour de prise de fonction du nouveau président du Conseil d’administration, que la décision sera en principe soumise aux administrateurs. Une manière de mettre le nouveau Pca devant le fait accompli ? ça y ressemble très fort. Ce dernier, qui n’est pas expert en la matière, a, ainsi, pour sa première journée, une patate chaude entre les mains. Le respect aurait exigé qu’il prenne fonction, s’imprègne des dossiers qui sont sur sa table, notamment, celui-ci, avant de convoquer un Conseil d’administration pour statuer sur une décision aussi importante qui peut avoir des impacts des années durant sur la société d’électricité. Que va faire ou dire Jean Baptiste Diouf ? Tous les yeux sont rivés sur lui.
 
LES ECHOS


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