Lors du Conseil des ministres du mercredi 8 avril 2026, le Premier ministre a dévoilé deux axes majeurs de transformation : la refonte de l’École nationale d’Administration (Ena) et l’adoption d’une nouvelle doctrine de formalisation du secteur informel. Deux réformes ambitieuses qui visent à renforcer le capital humain et à restructurer en profondeur l’économie nationale.
Une Ena repensée pour former le manager public de demain
Au cœur de sa communication relaté dans le communiqué du conseil des ministres de ce mercredi 8 avril, Ousmane Sonko a présenté un projet de réforme en profondeur de l’École nationale d’Administration du Sénégal, institution stratégique dans la formation des élites administratives. Le Premier ministre a rappelé que «l’Ena demeure un pilier de la République, à la fois ascenseur social, outil de cohésion nationale et creuset de la haute fonction publique». Mais face aux mutations profondes de l’action publique et aux exigences de la Vision 2050, son cadre actuel, régi par le décret de 2011, apparaît désormais limité. A l’en croire, l’objectif « c’est refonder l’institution pour former un nouveau profil de manager public, capable de piloter des politiques publiques complexes, innovantes et orientées vers la performance».
Réformes juridiques, pédagogiques et numériques
La transformation de l’Ena ne se limitera pas à des ajustements marginaux. Elle s’articule autour d’un ensemble cohérent de réformes structurelles. Sur le plan juridique, «un nouveau décret est en préparation pour abroger et remplacer celui de 2011, afin d’adapter le cadre institutionnel aux nouvelles ambitions», note le communiqué. Sur le plan pédagogique, le Premier ministre a insisté «sur la nécessité de moderniser les contenus et les méthodes d’enseignement. Le numérique devra être placé au cœur des apprentissages, avec des équipements adaptés et une refonte des outils didactiques», fait savoir Sonko. Parmi les innovations majeures annoncées figure «la création d’un Institut de Formation à Distance (IFD), destiné à élargir l’accès à la formation et à accompagner la montée en compétences des agents publics sur l’ensemble du territoire». «L’adaptation au système LMD et l’ouverture d’un parcours doctoral viennent compléter ce dispositif, traduisant la volonté d’inscrire l’ENA dans les standards internationaux de formation et de recherche». À cela s’ajoute une reconfiguration des sections et une meilleure allocation des ressources financières, avec un accent mis sur leur rationalisation.
Le secteur informel au cœur d’une nouvelle doctrine
Au-delà de la réforme administrative, Ousmane Sonko s’est attaqué à «la transformation du secteur informel». Qualifiée de «fragilité structurelle du modèle économique national, cette économie parallèle est pointée du doigt pour sa faible productivité, sa contribution fiscale limitée et son insuffisante couverture sociale. Le Premier ministre a introduit une typologie de l’économie informelle en quatre catégories, «l’informel de survie, de transition, d’optimisation et illicite». Cette classification permettra «d’adapter les politiques publiques aux réalités spécifiques de chaque segment». Parmi les mesures clés envisagées figurent «l’opérationnalisation du statut de l’entreprenant, l’obligation d’immatriculation pour accéder aux avantages publics et la mise en place d’une protection sociale accessible et visible», informe le Pm.
Fatou DIOP













