L’ancien directeur de la Formation et de la Communication du ministère de l’Éducation nationale, Mouhamed Moustapha Diagne, désormais membre de Kiiraay, s’attaque au Pastef. Dans un communiqué, l’ancien membre fondateur de Macky 2012 dénonce ce qu’il considère comme une volonté d’instaurer un « Parti-État » et appelle les forces politiques à se regrouper autour du Président Bassirou Diomaye Faye pour défendre les institutions et les acquis démocratiques.
Sans concession, Mouhamed Moustapha Diagne, ancien responsable de la communication au ministère de l’Éducation nationale et acteur politique, s’attaque frontalement à la gouvernance du Pastef. Dans son communiqué, il alerte sur ce qu’il présente comme une menace pour les équilibres institutionnels du Sénégal, « l’émergence d’un Parti-État ». Pour lui, « l’alternance de 2024 ne devrait pas déboucher sur une concentration du pouvoir au profit d’une formation politique. L’alternance risque de servir de tremplin à un Parti-État dans lequel les intérêts d’un parti finiraient par se confondre avec ceux de la nation » fait-il savoir.
L’ancien collaborateur du Président Macky Sall fonde son argumentaire sur l’histoire politique du Sénégal. Il rappelle que « le pays s’est construit autour du pluralisme, de la solidité des institutions et des alternances pacifiques ». C’est précisément cet héritage qu’il estime aujourd’hui fragilisé. Dans son analyse, il reproche au camp présidentiel, et particulièrement à Ousmane Sonko, une conception du pouvoir qui pourrait conduire à une remise en cause des contre-pouvoirs. « Les rapports entre l’exécutif et la Justice ainsi que les arrestations de responsables politiques, de journalistes, d’activistes et de citoyens. Ce sont des signes d’une dérive institutionnelle. Il va jusqu’à considérer que « la confusion entre les intérêts d’un parti et ceux de l’État constitue la matrice de toutes les dérives autoritaires » souligne-t-il.
Dans son réquisitoire, Mouhamed Moustapha Diagne ne limite pas ses critiques au fonctionnement des institutions. Il s’en prend à ce qu’il décrit comme « une nouvelle culture politique fondée sur l’invective et la confrontation. Depuis 2021, le débat politique sénégalais aurait profondément changé de nature. La courtoisie et le respect de l’adversaire auraient progressivement cédé la place aux insultes, à la stigmatisation et à la confrontation sur les réseaux sociaux » dénonce-t-il avant de poursuivre : « intolérance, haine, dénigrement, insultes, médisances, manipulations », énumère-t-il, estimant que cette banalisation de la violence verbale constitue un risque pour la cohésion nationale.
Diomaye comme point de rassemblement
C’est sur ce terrain que l’ancien directeur de la Formation et de la Communication du ministère de l’Éducation nationale situe son combat politique. Il appelle « à dépasser les clivages traditionnels entre pouvoir et opposition pour construire un nouveau rassemblement autour de la défense des institutions. La contradiction principale n’oppose plus le pouvoir à l’opposition », soutient-il, mais « le camp de la préservation de la République à celui des promoteurs du Parti-État ». Dans cette nouvelle configuration, « les formations politiques traditionnelles sont invitées à dépasser leurs divergences et à se retrouver autour d’un socle commun : démocratie, État de droit, respect de la Constitution et préservation des institutions », lance M. Diagne.
Mouhamed Moustapha Diagne place le Président Bassirou Diomaye Faye au centre de cette recomposition qu’il appelle de ses vœux. Il considère que « le chef de l’État aurait pris ses distances avec une partie du Pastef favorable à une logique de Parti-État ». L’ancien responsable de l’Éducation nationale voit dans cette prise de distance un choix en faveur de l’intérêt national. Son appel est donc lancé bien au-delà de son propre camp politique, « socialistes, libéraux, conservateurs, démocrates, jeunes, anciens, femmes et hommes sont invités à rejoindre le Grand Bloc républicain ». L’objectif affiché est clair, « défendre les institutions et empêcher, selon lui, toute évolution du système politique sénégalais vers une concentration partisane du pouvoir avec lucidité et fermeté, mais sans haine ». Sa conviction, dit-il, est que « chaque génération a son combat », écrit-il, avant d’appeler à préserver « la liberté, la justice et la dignité » , conclut-il.
Fatou DIOP












