Lors d’une rencontre avec les riverains et commerçants de Colobane ce week-end, le Premier ministre avait annoncé des solutions en cours de finalisation pour adresser le problème dans les marchés. Toutefois, il est décidé à mettre un terme à l’occupation anarchique de la chaussée et des trottoirs. A cet effet, il révèle que des instructions ont été données dans les différents marchés pour déguerpir les occupants anarchiques.
Après la visite du Premier ministre dimanche à Colobane suite aux opérations de désencombrement, le chef du gouvernement a convié hier à la primature les riverains et les commerçants à une réunion, en présence des ministres de l’Intérieur, de la Microfinance, de l’administrateur général de la Der, entre autres personnalités. Une rencontre durant laquelle le Premier ministre Ousmane Sonko estime qu’il faut donner au nouveau régime un peu de temps pour apporter des solutions aux problèmes des marchés qui perdurent. Même s’il considère que les rapports entre le gouvernement et les commerçants, notamment les marchands ambulants et autres tabliers, sont souvent heurtés et sont ponctués de pression, de menace et de chantage, Ousmane Sonko tient à rappeler que son gouvernement ne subira aucune pression ou chantage. En effet, même s’il est de tout cœur avec les commerçants victimes de ces désencombrements, il est d’avis qu’il est parfois bon d’agir avec fermeté pour le bien des personnes et pour le bien de la communauté.
Aucune pression ou chantage
Pour démontrer que le chantage ou la pression ne passera pas, Ousmane Sonko de déclarer : «nous ne sommes pas dans une dynamique de réélection. Si on doit être réélu, on le sera. Mais pour ce mandat qu’on nous a confié, nous ferons tout pour mettre le pays sur les rails. Au terme de notre mandat, les Sénégalais apprécieront en fonction des résultats», lance le Premier ministre. S’agissant de la cohabitation souvent heurtée entre commerçants et riverains, il estime qu’aucune des parties ne doit se faire justice. «Autant nous n’acceptons pas que les riverains se fassent justice eux-mêmes, autant le commerçant ne peut pas se permettre de mettre en avant ses intérêts pour occuper la rue sous le prétexte qu’il travaille et ne s’adonne pas à un acte illicite», prévient le Premier ministre. Ousmane Sonko de poursuivre : «vouloir travailler ne signifie pas porter du tort à son prochain. Ce n’est pas acceptable, il y a un juste équilibre à trouver», indique le chef du gouvernement qui prône zéro tolérance contre les vendeurs qui occupent les trottoirs ou la chaussée. «On ne peut accepter qu’un vendeur, sous prétexte qu’il travaille, occupe le trottoir ou la chaussée de manière anarchique. Ce n’est pas parce qu’on veut travailler qu’on doit bloquer la circulation. Ce comportement ne sera pas toléré. Des instructions ont été données dans tous les marchés pour déguerpir les marchands qui occupent la chaussée et les trottoirs», informe le Premier ministre qui n’a pas manqué d’annoncer des mesures d’accompagnement qui, dit-il, sont indispensables. «Nous sommes à la recherche de solutions qui sont en phase de finalisation», révèle Ousmane Sonko.
Le ministre de l’Intérieur dégage sa responsabilité
Auparavant, porte-parole des riverains de Colobane, Assane Sadio Bocoum a appelé les autorités à trouver une solution face à ce problème entre commerçants et riverains. Il rappelle à cet effet que les tensions ont toujours existé entre commerçants et riverains avec en toile de fond des plaintes et des menaces de mort, comme ce fut le cas en 2004, 2006 ou encore en 2009. La vétusté des marchés a été soulevée et la nécessité de les moderniser. Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, le général Jean Baptiste Tine, accusé par certains maires d’être à l’origine de cette opération de désencombrement, a profité de cette rencontre pour dégager sa responsabilité. «C’est la première fois que je vois un maire qui n’est pas destinataire d’une circulaire et qui accuse le ministre de l’Intérieur d’être l’auteur de ces opérations. Le ministre de l’Intérieur ne demande rien au maire, il y a ce qu’on appelle des pouvoirs déconcentrés et décentralisés ; ma circulaire s’adressait aux autorités administratives. Est-ce qu’il y a eu des problèmes à Rufisque ?», interroge le ministre pour révéler que les opérations s’étaient bien déroulées, puisqu’elles ont été encadrées. Non sans déplorer le fait que certains aient profité de la situation à Colobane pour s’en prendre à son département.
M. CISS (avec la Rts)












