La sortie du Président Diomaye Faye contre la personnification du projet Pastef a provoqué une salve de réaction au sein de son propre camp. Plusieurs responsables du parti, dont des ministres et députés, ont répondu publiquement, parfois avec virulence, en assumant et en s’attaquant de manière violente à celui qu’ils considèrent désormais comme «un frère ennemi».
Birame Soulèye Diop : «on n’a pas de victoire individuelle»
Invité sur la radio RSI, le ministre de l’Énergie a tenu à préciser le cadre de son intervention. «Je m’exprime ici en tant que militant de Pastef», a-t-il déclaré d’entrée. Dans un ton mesuré, il a insisté sur la dimension collective de l’engagement politique au sein du parti : «on n’a pas de victoire individuelle. Tout ce que nous avons réalisé, nous l’avons réalisé collectivement sur la base de la confiance mise dans chaque personne investie».
Rappelant son propre parcours, il a souligné les principes fondateurs de la formation politique : «le grade le plus élevé, c’est le simple militant du parti. Personne n’est plus digne que d’autres dans ce parti». Mais dans le même temps, il a interpellé directement le chef de l’État sur sa relation avec l’appareil partisan : «Il a été convenu qu’il soit le président d’honneur. Donc si on l’invite, il doit venir». Avant d’ajouter : « depuis son accession au pouvoir, je pense qu’il est venu une fois à une réunion».
Aïcha Touré : «s’ériger en gardien devient une obligation»
La députée de la diaspora américaine et premier questeur de l’Assemblée s’inscrit dans une logique de défense du leadership de Sonko, avec une rhétorique marquée par la suspicion envers certains acteurs internes. «Lorsque d’anciens collaborateurs se transforment en de pires manipulateurs, s’ériger en gardien de ce qui nous lie devient une obligation», a-t-elle écrit.
Fatou Cissé Goudiaby : «nous assumons totalement la personnification outrancière du Projet»
C’est sans doute la réaction la plus virulente. La députée et responsable Pastef France ne se contente pas de contester les propos du chef de l’État, elle l’attaque frontalement. «Je cherchais les mots pour parler à un traitre qui s’est finalement assumé. S’il n’est pas content, c’est pareil car il est un traitre», écrit-elle. Mais, au-delà de l’attaque personnelle, c’est une doctrine politique qui est explicitement revendiquée : «nous assumons totalement la personnification outrancière du Projet autour du président Ousmane Sonko, car un projet doit être incarné, autrement il est une idée dans un tiroir». Elle va plus loin en affirmant : «le président Ousmane Sonko a assumé d’être le gardien de la révolution, et nous patriotes assumons d’être les gardiens du gardien de la révolution».
Ismaïla Diallo : «Quelle incohérence ! Vous dénoncez la personnification du projet Pastef, alors que vous avez été élu grâce à Sonko»
Le premier vice-président de l’Assemblée nationale adopte une posture accusatrice à l’égard du chef de l’État. «Quelle incohérence ! Vous dénoncez la personnification du projet Pastef, alors que vous avez été élu grâce à Ousmane Sonko - son nom, son image, son combat». Il poursuit en dénonçant une forme de contradiction politique : «aujourd’hui, vous le récusez… mais vous faites exactement pire avec Diomaye Président pour exister politiquement». Et il conclut en revendiquant son positionnement : «je suis un sonkiste pur-sang !»
Sidy Djimby NDAO













