La Conférence des leaders du Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) a livré une charge d’une rare virulence contre le régime de Pastef. Elle l’accuse d’avoir installé « la duplicité » comme méthode de gouvernance. Dans une déclaration, l’opposition dresse un réquisitoire sans concession, mêlant accusations de manipulations politiques, défaillances sécuritaires et promesses sociales non tenues.
Au cœur de cette sortie politique, le rejet de la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations-Unies. Une sortie qui cristallise la colère du Fdr. Les leaders dénoncent « une posture jugée incohérente et sourde aux appels à l’unité nationale ». Selon eux, « le régime aurait multiplié les louvoiements avant de saborder une candidature » qu’ils présentent comme une opportunité pour le Sénégal et le continent africain. « Comme sur la dette et d’autres dossiers sensibles, le pouvoir a caché son jeu », accusent-ils, évoquant même une stratégie délibérée de torpillage sur les scènes nationale et internationale.
Dans la foulée, le Fdr s’attaque à ce qu’il qualifie de « gestion calamiteuse des affaires publiques », pointant notamment un scandale sécuritaire d’ampleur. L’opposition alerte sur « la fuite présumée de 139 téraoctets de données sensibles issues de l’administration financière, mises en vente sur le dark web par un groupe de cybercriminels ». Une situation qualifiée de « menace grave pour la sécurité nationale, face à laquelle le gouvernement aurait, selon le Fdr, fait preuve d’un laxisme coupable et d’une inquiétante légèreté » dénonce la note.
Le processus électoral n’échappe pas non plus aux critiques. Le Fdr accuse « le ministère de l’Intérieur de refuser toute transparence sur le fichier électoral, en violation des dispositions du Code électoral. À cela s’ajoute le flou total entourant la tenue des élections territoriales, dont aucune date n’est avancée, tandis que la révision des listes électorales est à l’arrêt ». Pour l’opposition, cette situation traduit une volonté manifeste de « confisquer le jeu démocratique ».
Sur le terrain socio-économique, la charge est tout aussi sévère. Le régime est accusé « d’avoir trahi ses engagements envers les populations les plus vulnérables ». De ce point de vue, le Fdr dénonce « le non-paiement des bourses familiales, la non-réintégration de travailleurs licenciés, ainsi que les ponctions maintenues sur les salaires des enseignants ». Dans le secteur agricole, le tableau dressé est alarmant, « absence de soutien à la filière arachidière, difficultés de commercialisation et pertes massives dans l’horticulture. Des producteurs sont contraints de jeter leurs récoltes, faute de débouchés et d’infrastructures adéquates », s’indignent les leaders, évoquant « des pertes dépassant 35% de la production ». Au-delà des chiffres et des faits, c’est une crise de confiance profonde que décrit le Fdr, qui estime que « le régime a perdu tout crédit auprès des Sénégalais. Les populations n’en peuvent plus », martèlent les opposants, appelant à une mobilisation générale des forces vives de la Nation.
Dans un contexte politique et social déjà tendu, cette déclaration du Fdr sonne comme un avertissement. L’opposition exige un « retour à la raison et le respect strict des obligations constitutionnelles », faute de quoi elle promet d’intensifier la pression.
Fatou DIOP













