Au lendemain du placement sous mandat de dépôt de Pape Malick Ndour, le Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (Apr) est monté au créneau. Face à la presse, le parti anciennement au pouvoir a livré une charge frontale contre ce qu’il considère comme une dérive inquiétante de l’appareil judiciaire, appelant à une mobilisation nationale contre « l’injustice et l’intimidation ».
L’Alliance pour la République (Apr) n’a pas fait dans la nuance. Réuni en conférence de presse, son Secrétariat exécutif national a vigoureusement contesté le placement en détention de Pape Malick Ndour, coordonnateur des cadres du parti. Pour les responsables de l’Apr, cette décision judiciaire s’inscrit dans une dynamique plus large de « fragilisation de la justice sénégalaise », marquée selon eux par « la répétition de procédures montées de toutes pièces » visant à affaiblir une opposition qu’ils décrivent comme « libre et déterminée ». Le parti dénonce une gouvernance fondée sur « la manipulation, le mensonge et l’intimidation », et appelle les Sénégalais à « se mobiliser pour défendre les principes démocratiques ».
Le dossier Prodac au cœur de la controverse
Au centre des critiques de la conférence de presse des partisans du président Macky Sall, le dossier du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), que l’Apr présente comme « un cas emblématique de manipulation judiciaire ». Selon les responsables du parti, « les faits à l’origine de la procédure remontent à 2018, soit bien avant la prise de fonction de Pape Malick Ndour en tant que coordonnateur du programme. Les éléments techniques et administratifs mobilisés renvoient à des périodes antérieures ou étrangères à sa gestion », ont insisté les conférenciers, évoquant une « réalité chronologique simple mais déterminante » qui, à leurs yeux, disculpe leur camarade politique.
Malgré cela, l’ancien ministre se retrouve aujourd’hui au cœur d’une procédure que l’Apr juge entachée de « zones d’ombre, d’interprétations extensives et d’une exploitation sélective de documents ». Le parti pointe l’absence de débat contradictoire autour des expertises ayant servi de base.
« Une détention injustifiée » selon l’Apr
L’Alliance Pour la République insiste également sur le profil de Pape Malick Ndour, présenté comme « un responsable respectueux des institutions, ayant toujours répondu aux convocations judiciaires ». Dès lors, son placement sous mandat de dépôt « est qualifié de mesure excessive, révélatrice » selon le parti d’« une logique politique qui ne tolère aucune contestation ».
Plus largement, les cadres de l’Apr évoquent un « acharnement permanent contre l’opposition depuis 2024 ». Ils estiment que cette situation dépasse le cas individuel de leur camarade et pose un problème de fond, « celui de la crédibilité de l’institution judiciaire. Quand les fondements factuels apparaissent fragiles et que le débat contradictoire est affaibli, ce n’est plus seulement un homme qui est visé, mais la justice elle-même qui est mise à l’épreuve », ont-ils martelé avec désolation.
Un appel à un réexamen du dossier et à la mobilisation
Face à cette situation, l’Apr exige un « réexamen rigoureux, indépendant et impartial du dossier par le juge d’instruction, ainsi que l’octroi d’une liberté provisoire à Pape Malick Ndour ». Le parti appelle l’opinion nationale et internationale à suivre de près l’évolution de cette affaire, qu’il considère comme révélatrice d’enjeux démocratiques majeurs. Dans la foulée, l’Apr a pris acte de la libération de Farba Ngom, après quatorze mois de détention, et de celle de Mansour Faye, après neuf mois, des situations qu’elle qualifie de « prises en otage politiques ».
Enfin, le parti a exprimé sa « solidarité totale et sans réserve » à plusieurs figures politiques, dont Moustapha Diop, Lat Diop, Mamadou Guèye, Ismaïla Madior Fall et Maodo Malick Mbaye, réclamant leur libération « dans le strict respect des principes fondamentaux du droit », concluent les cadres de l’Apr en ordre de bataille contre le régime de Diomaye Faye.
Fatou DIOP













