Au terme d’une opération minutieusement préparée, la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar a mis fin aux activités d’un réseau de trafic de drogues opérant dans plusieurs quartiers de la capitale. Entre filature, intervention ciblée et arrestation du fournisseur présumé, l’enquête a permis la saisie de diverses substances et l’interpellation de trois suspects.
C’est à la suite d’un renseignement jugé crédible que la Brigade régionale des stupéfiants (Brs) de Dakar, relevant de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), a enclenché une opération d’envergure visant à démanteler un réseau de distribution de drogue actif dans la capitale.
Les informations recueillies faisaient état de l’existence d’un circuit bien organisé opérant entre plusieurs zones stratégiques de Dakar, notamment Ouest-Foire, les Almadies et Ouakam. Face à la gravité des faits signalés, les éléments de la Brs ont rapidement mis en place un dispositif de surveillance afin de confirmer les soupçons et d’identifier les membres du réseau.
Dans la nuit du 1er avril 2026, aux environs de 22 heures, les enquêteurs ont discrètement pris position autour d’un appartement meublé situé à Ouest-Foire, point névralgique présumé des activités illicites. Pendant plusieurs heures, les mouvements ont été observés avec attention, dans l’attente du moment opportun pour intervenir.
Le 2 avril, aux alentours de 13h30, les éléments opérationnels sont finalement passés à l’action. L’irruption des forces de l’ordre dans l’appartement a permis de surprendre les occupants en pleine séance de consommation de drogue. Une intervention rapide qui a permis de neutraliser les suspects sans incident.
Très vite, les premiers éléments de l’enquête ont révélé que les individus présents ne se limitaient pas à la consommation. Ils s’apprêtaient, selon les constatations des enquêteurs, à réceptionner une nouvelle livraison de substances psychotropes, ce qui a conforté la thèse d’un réseau structuré de trafic.
La fouille des lieux a permis de mettre au jour plusieurs produits et matériels liés à la drogue. Parmi les saisies figurent 14 bonbonnes de protoxyde d’azote, communément appelé « gaz hilarant », une boule de haschich ainsi qu’une pilule d’ecstasy. Deux téléphones portables ont également été récupérés, susceptibles de contenir des informations déterminantes pour la suite de l’enquête.
À l’extérieur, un véhicule de marque Toyota Corolla, de couleur noire, a attiré l’attention des policiers. Une fouille approfondie a permis d’y découvrir cinq grammes de cocaïne soigneusement dissimulés, renforçant les soupçons de trafic.
Les deux individus interpellés sur place ont été placés en garde à vue pour association de malfaiteurs, détention et trafic de stupéfiants.
Mais l’opération ne s’est pas arrêtée là. Exploitant les premiers éléments recueillis, les enquêteurs ont poursuivi leurs investigations afin de remonter la filière. Ce travail a conduit à l’identification du fournisseur présumé du réseau, une femme domiciliée à Ouakam.
Selon les informations de l’enquête, cette dernière aurait tenté de dissimuler son lieu de résidence pour échapper à la surveillance des forces de l’ordre. Toutefois, les efforts des enquêteurs ont permis de la localiser et de suivre ses déplacements.
Elle a finalement été interpellée alors qu’elle s’apprêtait à effectuer une livraison d’une demi-boulette de cocaïne à proximité du lycée de Ouakam, un lieu particulièrement sensible.
La perquisition menée à son domicile a permis de découvrir une quantité importante de produits stupéfiants. Les policiers ont saisi 240 comprimés d’ecstasy, dont 181 de couleur orange et 59 de couleur rouge et violette, communément désignés sous l’appellation « Tik Tok ». Trois sachets contenant une poudre suspecte ont également été retrouvés et envoyés au laboratoire de la Direction de la Police technique et scientifique pour analyse.
En outre, une somme d’argent ainsi que deux téléphones portables ont été saisis, des éléments qui pourraient contribuer à établir l’ampleur du réseau et ses ramifications.
Lors de son audition, la suspecte a reconnu être la propriétaire des produits saisis. Elle a été placée en garde à vue pour association de malfaiteurs, détention et trafic international de stupéfiants.
À travers cette opération, les services spécialisés de la police nationale réaffirment leur engagement dans la lutte contre le trafic de drogues, un phénomène en constante évolution dans les zones urbaines. Le démantèlement de ce réseau, actif dans plusieurs quartiers de Dakar, illustre la vigilance des autorités face à des circuits de distribution de plus en plus structurés.
Les personnes interpellées restent toutefois présumées innocentes jusqu’à l’établissement définitif de leur culpabilité par les juridictions compétentes.
Khadidjatou D. GAYE












