Accusations de gestion solitaire, institutions à l’arrêt et défiance grandissante : le Collectif des clubs majoritaires charge Ababacar Ngom et alerte sur une crise de gouvernance sans précédent au sein de la Fédération sénégalaise de judo et disciplines assimilées. Le malaise couvait, il éclate désormais au grand jour.
La Fédération sénégalaise de judo et disciplines assimilées traverse une zone de turbulences. Réuni en point de presse ce mercredi, le Collectif des clubs majoritaires est monté au créneau pour dénoncer une « gestion unilatérale » de son président, Ababacar Ngom.
Au cœur de la discorde : le refus de soutenir la candidature de Babacar Wade à la présidence de l’Union africaine de judo, ainsi que le report prolongé de l’Assemblée générale élective initialement prévue le 7 mars.
Une décision contestée au sommet
Selon Cheikh Sadibou Ndiaye, membre du Collectif et président de l’Ugb Judo Club, tout remonte à la réunion du Comité directeur du 24 octobre 2024.
« Le président a opposé un refus catégorique à la candidature de Babacar Wade, contre l’avis de la majorité. Il a quitté la séance sans permettre un vote, et aucun procès-verbal n’a été établi », a-t-il dénoncé.
Une situation que les contestataires jugent d’autant plus préoccupante que, depuis cet épisode, « aucune réunion du Comité directeur n’a été tenue », en dépit des textes qui en imposent une tous les trois mois.
Une fédération à l’arrêt
Le Collectif évoque une véritable paralysie du judo sénégalais.
« Le judo est pris en otage. Cela fait deux ans sans compétitions majeures, à l’exception de deux événements nationaux dont un Open », déplore le porte-parole.
Il pointe également des décisions jugées « subjectives », notamment la mise à l’écart de responsables techniques ayant exprimé des désaccords.
Une Assemblée générale toujours attendue
Face au blocage, les clubs majoritaires ont enclenché une série de pétitions pour exiger la tenue d’une Assemblée générale élective.
« Trois pétitions ont été introduites. La dernière, portée par l’Institut des Sports de Saint-Louis, a été adoptée avec 37 voix contre 14 », précise Cheikh Ndiaye.
Malgré l’engagement du président à organiser cette AG « dans les meilleurs délais », aucune avancée concrète n’a été enregistrée depuis la date initiale du 7 mars.
Le ministère des Sports saisi
De son côté, Abdou Karim Seck, ancien directeur des équipes nationales, dénonce également une gouvernance solitaire.
« Le président prend des décisions de manière unilatérale », affirme-t-il.
Les frondeurs disent avoir saisi le ministère des Sports, qui leur aurait donné des assurances, tout en regrettant l’absence de réponse du secrétariat général de la Fédération à leurs correspondances.
Un appel à l’apaisement malgré la tension
Malgré la montée des tensions, le Collectif insiste sur sa volonté de privilégier le dialogue.« Seuls quelques clubs soutiennent aujourd’hui le président. À un moment, trop c’est trop. Mais tant qu’il y a la paix, tout peut être résolu », concluent-ils.
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