Prenant la parole lors du Conseil des ministres, le Premier ministre Ousmane Sonko a dressé, ce mercredi 29 avril 2026, un état des lieux sans détour de l’action gouvernementale. Pacte de stabilité sociale, suivi rigoureux des projets structurants, souveraineté sanitaire et accélération de la dématérialisation. L’exécutif affiche une volonté d’efficacité, avec en toile de fond l’exigence de résultats concrets pour les citoyens.
À l’occasion du conseil des ministres de ce mercredi 29 avril, le Premier ministre a présenté une communication dense, marquée par une volonté affirmée d’ancrer la stabilité sociale, d’accélérer les projets stratégiques et de moderniser en profondeur l’administration publique. Au cœur de cette intervention, la mise en œuvre du Pacte de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable apparaît comme un marqueur fort de la méthode gouvernementale. Ousmane Sonko a salué la signature de cet accord avec le patronat et les centrales syndicales, y voyant un socle essentiel pour préserver la paix sociale dans un contexte de réformes.
Il a également mis en exergue les avancées enregistrées dans la régularisation exceptionnelle des situations administratives et statutaires dans les secteurs de l’éducation et de la santé, deux piliers du service public. Mais au-delà des annonces, le chef du gouvernement a insisté sur l’impératif de mise en œuvre. Il a ainsi appelé les ministres concernés «à veiller à une exécution diligente et rigoureuse des engagements pris, dans le respect strict des échéances et dans un esprit de responsabilité collective», souligne Ousmane Sonko.
Pilotage serré des projets stratégiques
Dans le prolongement de cette exigence de résultats, le Premier ministre a mis l’accent sur le suivi des projets et accords en cours, soulignant la nécessité d’un pilotage rigoureux et cohérent de l’action gouvernementale. Le secteur de la santé, en particulier, concentre une part importante des investissements publics. Quatre projets prioritaires, représentant un volume global de près de 310 milliards de francs Cfa, ont fait l’objet d’un point détaillé. Parmi eux, l’hôpital Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaouane affiche un taux d’exécution avancé de 95%, pour un coût estimé à 46 milliards de francs Cfa. Le projet de reconstruction de l’hôpital Aristide Le Dantec (Prhad), quant à lui, progresse à hauteur de 60%, sur une enveloppe de 92,5 milliards de francs Cfa.
À ces infrastructures hospitalières s’ajoutent deux projets majeurs de souveraineté pharmaceutique portés par l’Institut Pasteur de Dakar. Le projet AfricAmaril, dédié notamment à la production de vaccins, est réalisé à 80%, pour un coût de 21,5 milliards de francs Cfa. Le projet Madiba, plus ambitieux, affiche un taux d’avancement de 48% pour un investissement de 145,4 milliards de francs Cfa.
Face à l’urgence stratégique de ces chantiers, Ousmane Sonko a donné des instructions fermes aux ministres en charge des Finances, de l’Economie et de la Santé afin d’accélérer leur finalisation. L’enjeu est double : renforcer l’offre de soins et réduire la dépendance extérieure en matière de produits pharmaceutiques.
Un défi économique et sanitaire majeur pour la nutrition
Le Premier ministre a braqué les projecteurs sur la problématique de la nutrition, qu’il considère comme «un levier essentiel du développement humain ». Les chiffres avancés sont éloquents, « la sous-nutrition coûterait chaque année près de 856 millions de dollars à l’économie sénégalaise, soit environ 3,2% du revenu national brut». Malgré les efforts consentis, les défis restent importants, notamment en matière de retard de croissance chez les enfants, de malnutrition aiguë et de progression de l’obésité.
Dans ce contexte, le gouvernement entend renforcer la gouvernance du secteur. Ousmane Sonko a plaidé pour «une meilleure coordination entre les différents acteurs, une actualisation des politiques publiques et une intégration plus poussée de la nutrition dans les stratégies sectorielles». Parmi les mesures annoncées figurent «la révision de la politique nationale de développement de la nutrition, la mise en place d’une plateforme digitale de gestion des données multisectorielles d’ici fin 2026, ainsi que le renforcement des actions de sensibilisation et d’éducation » cite le Premier ministre.
Bargny-Sendou, le port stratégique en attente de solutions
Autre dossier structurant évoqué en Conseil des ministres, « la mise en exploitation du port minéralier et vraquier de Bargny-Sendou. Ce projet, destiné à désengorger le Port autonome de Dakar et à soutenir les flux d’importation et d’exportation de produits stratégiques, est achevé à près de 90% », annonce Ousmane Sonko.
Toutefois, son opérationnalisation reste suspendue à la résolution d’un problème crucial, «l’alimentation en eau potable ». Le Premier ministre a ainsi instruit les ministres concernés «de sécuriser une solution transitoire, tout en inscrivant, dans la loi de finances rectificative 2026, les crédits nécessaires à une solution définitive estimée à 8 milliards de francs Cfa», dit le chef de l’exécutif.
Enfin, le Conseil des ministres a consacré un volet important à la modernisation de l’administration, à travers l’accélération de la dématérialisation des démarches administratives. Dans une logique de simplification et d’efficacité, Ousmane Sonko a demandé « l’élaboration, d’ici fin mai 2026, d’un plan de déploiement progressif des services publics en ligne ». Ce chantier prioritaire concernera, dans un premier temps, des démarches à fort impact pour les citoyens et les entreprises, telles que la délivrance des extraits d’état civil ou l’obtention du permis de conduire.
Fatou DIOP












