À travers une nouvelle tribune publiée dimanche, le directeur de cabinet du président Bassirou Diomaye Faye défend la saisine du Conseil constitutionnel par le chef de l’État et rappelle à la majorité parlementaire que sa victoire électorale ne saurait la placer au-dessus de la Constitution. Une nouvelle charge qui intervient une semaine après sa virulente tribune sur «L’imposteur», perçue comme une attaque contre Ousmane Sonko.
Le professeur Mary Teuw Niane poursuit son offensive. Une semaine après avoir suscité une vive polémique avec sa tribune intitulée «L’imposteur», dans laquelle il dressait le portrait d’un responsable politique largement identifié à Ousmane Sonko, le directeur de cabinet du président de la République revient au-devant de la scène politique.
Dans un nouveau texte publié ce dimanche 16 août, sous le titre «L’élégance républicaine», il prend cette fois pour cible, sans la nommer directement, la majorité parlementaire issue de Pastef et défend la posture de Bassirou Diomaye Faye dans le bras de fer institutionnel qui l’oppose à l’Assemblée nationale.
Dès les premières lignes, Mary Teuw Niane rappelle que la Constitution confère au président de la République la responsabilité de veiller à son respect, de garantir le fonctionnement régulier des institutions et d’incarner l’unité nationale.
Une responsabilité qui, selon lui, impose au chef de l’État de ne pas rester passif lorsque les équilibres institutionnels sont menacés. «Lorsque les équilibres fondamentaux de la République sont menacés, le Président de la République n’a donc pas vocation à regarder ailleurs», affirme-t-il.
Une majorité parlementaire « pas au-dessus de la Constitution »
Mary Teuw Niane fait ensuite référence aux initiatives parlementaires devenues «de plus en plus intempestives, même aventureuses» et susceptibles de «bouleverser profondément l’équilibre de nos institutions».
Face à cette situation, Mary Teuw Niane estime que Bassirou Diomaye Faye a d’abord privilégié « la pédagogie », avant de choisir la voie du droit. Il en tire une conclusion qui constitue l’un des passages les plus politiques de sa tribune : «Une majorité parlementaire, même revendiquée avec force, n’est pas la Constitution. Une victoire électorale ne donne pas la propriété de l’État. Et aucune majorité politique ne vaut permis de tout faire.»
«La République ne se possède pas»
Au fil de sa tribune, Mary Teuw Niane élargit son propos à la conception même du pouvoir. «C’est savoir qu’un parti n’est pas l’État. Qu’une majorité n’est pas la Nation. Qu’un mandat n’est pas une licence», écrit-il. Le professeur met en garde contre ce qu’il considère comme une confusion entre la victoire d’un parti et la maîtrise des institutions de la République. «La République ne se conquiert pas. Elle ne se possède pas. Elle se sert», affirme-t-il.
En conclusion, Mary Teuw Niane assume clairement son soutien à la démarche du chef de l’État. Pour lui, soutenir le président lorsqu’il défend l’équilibre institutionnel ne revient pas nécessairement à prendre parti pour un homme. «C’est prendre parti pour une conception de l’État», explique-t-il.
Sidy Djimby NDAO












