Sous mandat de dépôt depuis le 24 juillet 2024, le lutteur Saloum-Saloum vient de recouvrer sa liberté. En attendant de le fixer sur son sort le 22 avril 2026, le juge du tribunal correctionnel de Dakar a ordonné sa mise en liberté avant-hier, mercredi 8 avril 2026, après son procès. Malgré tout le temps passé en détention préventive, le procureur de la République n’a requis qu’1 mois de prison ferme pour détention de drogue en vue de l'usage personnel après qu'il a demandé la requalification des faits d'offre ou de cession de cocaïne qui lui étaient initialement reprochés.
Interpellé depuis juillet 2024, le lutteur Serigne Saliou Samb alias Saloum-Saloum a été jugé avant-hier, mercredi 8 avril 2026, devant le tribunal correctionnel de Dakar. Le pensionnaire de l'écurie "Saku xam-xam", fondé par feu Birahim Ndiaye, ancienne gloire des arènes, hume l'air de la liberté, car le juge, tout comme le procureur, lui ont accordé la liberté provisoire à l'issue de son procès. Par ailleurs, si le juge correctionnel suit le procureur dans ses réquisitions, il écopera d'une peine d'emprisonnement ferme de 1 mois pour des faits de détention de drogue en vue de l'usage personnel, en lieu et place de la prévention d'offre ou de cession de cocaïne pour laquelle il est poursuivi. Peine qu'il a d'ailleurs purgée puisqu'il a fait 21 mois en détention provisoire.
Rappel des faits
il faut rappeler que ce lutteur domicilié à Bène-Tally, au cours d'une patrouille, a été interpellé par des éléments de la Sûreté urbaine dans la nuit du 17 au 18 juillet 2024 plus précisément dans un bar à l’enseigne "Adéane" sis à Dieuppeul, alors qu'il venait d'être justement élargi de prison pour d'autres faits. Mais, quand il aperçut les enquêteurs, il a avalé 2 joints de chanvre indien. Hélas, cela ne l'a pas sauvé, car il a été saisi par devers-lui 3 képas de cocaïne. C'est ce que les analyses ont révélé lorsque le produit en question a été soumis à un test. Placé sous mandat de dépôt le 24 juillet 2024 pour offre ou cession de drogue, il a par la suite été renvoyé en police correctionnelle par le juge du 8e cabinet en charge de son dossier.
À la barre du tribunal, Saloum-Saloum, 41 ans, a nié les faits, même s'il a reconnu avoir avalé les deux joints de yamba au moment de son arrestation. "Le jour des faits, je revenais de la maison de mon grand-frère. J'ai aperçu les policiers qui procédaient à une rafle et qui m'ont alpagué après m'avoir demandé ma pièce d'identité. Je reconnais que j'avais deux joints de yamba que j'ai avalés. Mais, ils n'ont rien trouvé par devers-moi comme autre drogue", s'est-il défendu.
Le procureur requalifie les faits
Après lui avoir rappelé ses déclarations à l'enquête selon lesquelles il réfutait la commercialisation tout en révélant son statut de consommateur de cette drogue saisie sur lui, le procureur l’a sommé de s'en départir. À la suite de cette observation, le maître des poursuites a requis 1 mois de prison ferme après la requalification des faits qui sont imputés à Saloum-Saloum en détention de cocaïne en vue de l'usage personnel. Le parquetier a tenu à préciser que la drogue en question existe puisqu'elle a été mise sous scellés. Mais, concernant l'offre ou la cession, il a indiqué qu'il ne pense pas que la drogue soit destinée à la vente puisque c'est une faible quantité qui a été retrouvée entre les mains du lutteur. Il s'y ajoute, d'après lui toujours, qu'il n'y a pas eu de potentiel client qui se soit présenté au moment de son arrestation. Pour la défense du prévenu, Me Baba Diop a révélé qu'il n'y a aucun élément qui permet de retenir l'offre ou la cession de drogue. C'est une faible quantité et ça laisse croire à une consommation personnelle, a-t-il attesté avant de formuler une demande de liberté provisoire. En statuant sur ladite requête, le représentant du ministère public a affirmé qu'il ne saurait s’opposer à cette demande puisque la peine minimale pour la détention de drogue en vue de l'usage est de 1 an de prison ferme alors que le mis en cause a fait près de 2 années en détention provisoire. Pour finir, le juge lui a accordé la liberté provisoire avant de mettre l'affaire en délibéré pour le 22 avril 2026.
Fatou D. DIONE












