Pour un mauvais fonctionnement dans la procédure judiciaire, l’Etat du Sénégal encourt une procédure initiée par Madiambal Diagne. Le fondateur du Groupe Avenir Communication a instruit ses avocats de réclamer 1000 milliards de francs à l’Etat du Sénégal. Madiambal Diagne reproche au Parquet général du Pool judiciaire financier d’avoir omis de répondre à sa requête aux fins d’annulation du mandat d’arrêt international déposée il y a un an. Hier, une nouvelle requête a été déposée sur la table du greffe de la Chambre d’accusation financière pour les mêmes fins.
Il y a un an, le 8 octobre 2025, précisément, les avocats de Madiambal Diagne avaient saisi la Chambre d’accusation financière, d’une requête aux fins d’annulation du mandat d’arrêt international lancé par le juge d’instruction du Pool judiciaire financier. Jamais, la juridiction de recours n’a examiné cette requête, simplement parce que, selon le fondateur du du groupe Avenir Communication, le Parquet général financier n’a pas fait ses réquisitions, empêchant donc la Chambre d’examiner la requête. Selon Madiambal Diagne, cela constitue un mauvais fonctionnement des services de l’Etat et c’est aussi un motif suffisant pour entamer une procédure judiciaire contre l’Etat du Sénégal, parce que réellement un préjudice lui a été causé. D’ailleurs, il a donné instruction à ses avocats d’entamer la procédure et de réclamer à l’Etat 1000 milliards de francs. Pour l’heure, cette procédure n’est pas encore engagée, les robes noires sont en train de peaufiner la requête à introduire.
Une autre procédure en vue contre l’Etat pour réclamer 1000 milliards
Par ailleurs, la défense du patron du groupe Avenir Communication, a saisi hier la Chambre d’accusation financière d’une nouvelle requête aux mêmes fins. Elle demande donc l’annulation du mandat d’arrêt international lancé contre leur client. Plusieurs motifs ont été invoqués. Les robes noires soulèvent une violation des conditions prévues par le code de procédure pénale (CPP) en ce qu’il y a un non-respect de la hiérarchie des mandats. Selon la défense de Madiambal Diagne, avant de lancer un mandat d’arrêt, il faut passer d’abord par une convocation de la personne et si elle fait défaut et ne défère pas à la convocation, la loi exige que le juge décerne un mandat d’amener et si l’individu s’obstine toujours, le magistrat instructeur lance maintenant un mandat d’arrêt. Et cette procédure, estiment-ils, le juge ne l’a pas respectée. Mais, ce n’est pas tout. Selon les robes noires, le code de procédure parle d’inculpé, en cas de mandat d’arrêt, or, Madiambal Diagne n’a jamais été inculpé dans cette affaire. Suffisant, à leurs yeux, pour que la Chambre d’accusation annule tout bonnement le mandat d’arrêt international ordonné par le juge d’instruction financier.
Madiambal Diagne rappelons-le est poursuivi pour une affaire de rétrocommissions indûment empochées, selon le parquet financier, qui s’est appuyé sur le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Cet argent estimé à 21 milliards a été payé à l’entreprise familiale, la Sci Pharaon, selon le ministère public. Mais, alors qu’il était sous le coup d’une interdiction de sortie, le journaliste a réussi à quitter le territoire sénégalais, pour entrer en France. D’où le mandat d’arrêt décerné à son encontre par le juge d’instruction financier qui a été saisi plus tard par le parquet financier par son réquisitoire introductif à travers lequel il a visé Madiambal Diagne, mais également sa famille. C’est ce mandat d’arrêt qui est aujourd’hui attaqué.
Alassane DRAME












