La sortie médiatique du mouvement Nittu Dëgg est dans la lignée de ce qui se passe à l’Assemblée nationale avec les enquêtes parlementaires. Vu que Ousmane Sonko demande des comptes à tout le monde, Karim Xrum Xax et Cie exigent en retour d’éclaircir les bruits de casseroles qui ont résonné pendant et après son départ de la Primature. Porté par des figures engagées, le mouvement citoyen exige des enquêtes approfondies et la lumière totale sur plusieurs scandales financiers présumés qui secouent l'opinion publique sénégalaise, de l'affaire de l'Aser à la gestion des fonds destinés à la Casamance, en passant par les deniers alloués aux détenus politiques.
Face à la presse, la détermination affichée par les membres de Nittu Dëgg traduisait un ras-le-bol généralisé face à ce qu'ils qualifient d'opacité dans la gestion des affaires publiques. Ramatoulaye Seck, qui a introduit la rencontre en lisant la déclaration officielle du mouvement, n'a pas mâché ses mots quant aux principes fondateurs de leur engagement. "L’exigence de transparence et de redevabilité doit s’imposer au Sénégal. Nous réclamons justice et vérité sur l’ensemble des affaires et scandales financiers présumés qui préoccupent les citoyens sénégalais, notamment les 37 milliards de l’Aser, les 8 milliards de Bakel, les 5 milliards destinés aux détenus, les 30 milliards de Kosmos et la gestion des fonds pour la Casamance" dit-elle.
Les fonds politiques et la gestion de la Casamance en ligne de mire
Prenant le relais, Blaise Sylva, vice-coordinateur du mouvement, a axé son intervention sur des sujets éminemment sensibles, s'en prenant directement aux promesses non tenues et aux zones d'ombre entourant certaines dotations budgétaires, tout en évoquant le parcours de ses compagnons aux côtés de Ousmane Sonko. "Le mouvement a battu campagne pour Ousmane Sonko car ce dernier avait donné des garanties que les fonds politiques étaient haram. Finalement, Sonko a avoué devant les députés qu’il avait un fonds politique. Ce jour-là, je n’ai pas dormi de la nuit", soutient le Casamançais. Pire, poursuit Blaise Sylva, "il pensait qu'il allait faire 5 ans à la Primature. Il n’allait jamais réfectionner le Building ou acheter des voitures s’il savait qu’il serait limogé. En tant que fils de la Casamance, nous savons ce qui se passe dans cette région. Il faut apporter des éclaircissements sur le fonds Casamance".
Samba THIAM













