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ABDOULAYE THIAM, RESPONSABLE OPERATION A L’AGEROUTE SUR L’ACCORD AUTOROUTIER ENTRE L’ÉTAT ET LE FRANÇAIS EIFFAGE



ABDOULAYE THIAM, RESPONSABLE OPERATION A L’AGEROUTE SUR L’ACCORD AUTOROUTIER ENTRE L’ÉTAT ET LE FRANÇAIS EIFFAGE
 
«L’Etat a regretté. Les études ont révélé que tout ce qui a été prévu comme trafic a été multiplié par 5»
 
 
 
Dans un webinaire organisé par Legs Africa sur «l’aspect juridique et financier de l’exploitation de l’autoroute Dakar-Aibd : Quelles leçons tirer des contrats CET ?» auquel il prenait part, Abdoulaye Thiam, responsable opération à l’Ageroute, est revenu sur l’accord autoroutier entre l’État et le Français Eiffage. Et pour lui, l’Etat a regretté. Chose que confirme l’économiste Khadim Bamba Diagne, qui laisse entendre que ce fut la plus grande erreur commise par l’Etat du Sénégal dans le cadre de l’exploitation financière de l’autoroute Dakar-Aibd.
 
 
 
 
 
Première de cette envergure au Sénégal, livrée en 2013, l’autoroute à péage a été construite sur un partenariat public-privé et a fait l'objet d'une concession de 30 ans, prolongée depuis. Elle relie sur 90 kilomètres Dakar à l'aéroport international Blaise Diagne. Les nombreuses critiques à l'encontre du contrat de concession initial ont été un prétexte pour le think tank Legs Africa d’organiser un débat multi acteurs sur «la redevabilité de la gouvernance des infrastructures et Partenariat Public Privé: suivi et vulgarisation de l’étude d’impact socio-économique et environnemental de l’exploitation de l’autoroute à péage».
Plusieurs experts ont pris part au webinaire.
 
 
Khadim Bamba Diagne : «la plus grande erreur commise par l’État du Sénégal dans la gestion de l’autoroute à péage, c’est d’avoir laissé l’initiative à Eiffage»
 
 
 
 
Pour l’économiste Khadim Bamba Diagne, le montage, qui a accompagné le contrat de concession initial, est déséquilibré en défaveur du Sénégal. «On a, besoin dans nos économies, des infrastructures. Mais, ce n’est pas aussi parce qu’on a besoin des infrastructures qu’on va contracter avec n’importe qui», a-t-il laissé entendre.
Pour l’économiste qui soutient que ce fut la plus grande erreur commise par l’Etat du Sénégal dans le cadre de l’exploitation financière de l’autoroute Dakar-Aibd, Il y a un réel manque à gagner financier pour l’État du Sénégal, notamment avec l’absence d’experts financiers sénégalais qui devraient accompagner l’Etat, des négociations à la signature des contrats. «Les grandes entreprises quand elles viennent investir, elles mettent en place d’abord des stratégies et des programmes financiers pour recouvrer, avant terme du contrat, plus que ce qu’elles avaient investi. C’est pourquoi l’État devrait mettre en place un cabinet financier pour ne pas laisser l’entreprise qui gère l’autoroute à péage faire main basse sur la gestion de l’infrastructure ainsi que le recouvrement des fonds. Et la plus grande erreur commise par l’État du Sénégal dans la gestion de l’autoroute à péage, c’est d’avoir laissé l’initiative à Eiffage. De ce point de vue, l’État du Sénégal doit mettre en place des stratégies de contrôle de l’autoroute à péage. C’est pourquoi l’État doit s’organiser pour mettre en place des mécanismes pour que l’entreprise Secaa se limite à être concessionnaire qui gère l’affaire et que l’État puisse contrôler l’aspect financier. En plus de cela aussi, il faut organiser le secteur privé national», conseille l’expert .
 
 
 
 
Abdoulaye Thiam, responsable opération à l’Ageroute : «tout le calcul de l’Etat était erroné. Les études ont révélé que tout ce qui a été prévu comme trafic a été multiplié par 5»
 
 
 
Pour Abdoulaye Thiam, responsable opération à l’Ageroute, le contrat de concession a été une suite logique par rapport à la situation en termes d'infrastructures au Sénégal. «Si l’Etat avait décidé de réaliser cette infrastructure sur budget concessionnel d'investissement, il devrait supporter tout ce qui est coût d'entretien, de réparation et de renouvellement de l’infrastructure», renseigne-t-il.«Nous venions d'une période d’agissement des transports ou l'Etat a jugé nécessaire de réaliser certaines infrastructures. Au début, l'Etat avait fait appel aux bailleurs de fonds qui malheureusement n'avaient pas répondu à l'appel.Tout simplement, selon eux, parce que l’Etat du Sénégal n'était pas en mesure de faire ces travaux continus en raison de contraintes financières. Le Président Wade avait voulu avoir un début de réalisation de ces infrastructures à partir de Malick Sy jusqu'à la Patte d'oie sur fonds propres. C'est après que les bailleurs de fonds nous ont rejoints, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l'Agence française de développement. Suite à un appel d'offres organisé par l’Apix, Eiffage a été retenue», explique-t-il.
Pour lui, c'était un contrat global qui nécessitait des études approfondies en termes de faisabilité et l’Etat avait gagné une infrastructure sur laquelle elle ne mettrait aucun rond durant 30 ans.
«Si l’Etat avait décidé de réaliser cette infrastructure sur budget concessionnel d'investissement, il devrait supporter tout ce qui est coût d'entretien, de réparation et de renouvellement de l’infrastructure. Et au Sénégal, nous savons que les routes sont à la merci des poids-lourds. Conséquence : c'est rare de voir une route qui dure 20 ans. Avec la concession, l’Etat a cherché à contourner ces coûts et à accompagner le concessionnaire sur les coûts d'investissement initiaux», poursuit-il.
Seulement, reconnaît-il, tout le calcul de l’Etat du Sénégal était erroné. Car malheureusement, les études ont révélé que tout ce qui a été prévu comme trafic a été multiplié par 5. «L’Etat a regretté.C’est un choix qui a été porté à l'appréciation de l'Etat», reconnait-il.
Birane Yaya Wone, président du Conseil national des dirigeants d’entreprise du Sénégal est revenu largement sur les problèmes du secteur privé et a laissé entendre qu’ils sont laissés en rade. En effet, pour l’entrepreneur, l’Etat du Sénégal ne les implique dans aucun grand projet. «Nous tombons sur un secteur privé fonctionnel,opérationnel, mais souvent mourant, dormant.Ce qui montre notre inefficacité sur certains projets qui pouvaient créer beaucoup d'emplois et de richesses» regrette-il.
Pour Birane Yaya Wone, «on ne se retrouve pas dans les choix stratégiques de notre gouvernement. Aujourd'hui, l'Etat du Sénégal a décidé de travailler sans son secteur privé institutionnel.Dans les autres pays, des projets tels que la construction d'aéroports, de routes sont gérés par les chambres de commerce.Les grands projets doivent être soumis au cadre institutionnel du secteur privé avant d'être signés».
A en croire Birane Yaya Wone, les Sénégalais n'ont rien à apprendre en matière de construction, citant Pierre Goudiaby Atepa comme exemple.Mais malheureusement, d’après lui,tout est confié aux entreprises étrangères.«Il n'y a plus de préférence nationale.Aujourd’hui, tous les grands marchés nous filent entre les doigts.Depuis que Macky Sall est au pouvoir, il n'a jamais consulté les chambres de commerce pour l'accompagner sur le plan économique.  A la place des chambres de commerce, il crée des agences, alors que le cadre institutionnel du secteur privé est là. C'est un fonctionnairequi, dans son bureau,délivre un quitus et le Président appose sa signature pour ces genres de contrat.C’est vraiment déplorable», souligne l’entrepreneur.
Pour lui, c’est juste ce projet qui est visible, mais il y a plus de 100 projets similaires dans divers secteurs qui sont et seront confiés aux entreprises étrangères.Ce qu’il déplore également, c’est l’absence de communication qui existe entre le secteur privé et les autorités. En effet, d’après lui, les vrais opérateurs ont du mal à rencontrer leur ministre de tutelle ou le Président. Au moment où d’autres sont appelés à parler du secteur privé.
 
«Le chef de l'Etat, pour connaître nos problèmes, appelait Feu Mansour Kama ou Baïdy Agne. Mais est-ce que ces gens reconnus comme partenaires privilégiés du secteur privé par les autorités étatiques, sont des opérateurs économiques qui peuvent comprendre nos problèmes dans leur globalité ? Je dis non.On ne se retrouve pas dans les choix stratégiques de notre gouvernement. Pour voir le chef de l'Etat,  c'est tout un problème,  les ministres idem. Et pourtant, nous avons des projets qui peuvent abréger la souffrance des populations», conclut-il.
 
Khadidjatou DIAKHATE
 
LES ECHOS


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