Une pluie diluvienne s’est abattue dimanche sur Dakar et plusieurs régions du Sénégal, paralysant les déplacements, submergeant des quartiers entiers et faisant plusieurs victimes. Alors que les secours s’activent pour évacuer les eaux, l’Anacim annonce une nouvelle intensification des activités pluvio-orageuses dans la nuit de lundi à mardi.
Dakar s’est réveillée dimanche sous les eaux. Dès les premières heures, les fortes pluies ont transformé plusieurs rues de la capitale et de sa banlieue en véritables cours d’eau. À Sangalkam, Yeumbeul Sud, Mbao, Keur Massar, Grand-Médine ou encore Yoff, les eaux ont envahi les habitations, bloqué des routes et plongé des familles dans la détresse. La pluie a été très intense. Les relevés de l’Anacim font état de 72 mm à Mbao et 66 mm à Dakar-Yoff. À Diass, les précipitations ont atteint 94,2 mm, tandis que Palmarin a enregistré 104 mm. Kaolack et l’aéroport international de Diass ont reçu 42 mm, contre 38 mm à Podor, 20 mm à Kédougou et 7 mm à Matam.
Des quartiers transformés en rivières
À mesure que les heures passent, les eaux montent. Les bassins de rétention arrivent à saturation et certains débordent, notamment dans la zone de captage, à Mbao et dans d’autres secteurs de la banlieue. À Yeumbeul Sud, Sangalkam et Keur Massar, des rues disparaissent sous les eaux. Des maisons sont encerclées, des familles contraintes de chercher refuge et des automobilistes immobilisés par des chaussées devenues impraticables. Sur les grands axes, la circulation tourne au cauchemar. L’entrée de l’autoroute El Hadji Malick Sy, à hauteur de l’école Mariama Niass, est coupée. Au niveau du pont Sénégal 92, entre Grand-Médine, la Patte d’Oie et Hlm Grand-Yoff, des automobilistes doivent rebrousser chemin. Le trafic est également fortement perturbé sur plusieurs autres axes. Le BRT ne fonctionne que sur certains tronçons, tandis que les usagers des transports en commun sont confrontés à d’importantes difficultés pour rejoindre leurs lieux de travail.
Le drame de l’Unité 7
Mais derrière les routes coupées et les maisons envahies, c’est surtout le bilan humain qui glace le sang. À l’Unité 7 des Parcelles Assainies, une femme de 25 ans et son fils de 4 ans ont péri noyés dans leur logement, surpris par la montée brutale des eaux. Selon les témoignages rapportés par L’Observateur, les victimes dormaient lorsque l’eau les a piégées au rez-de-chaussée. Les sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour tenter de leur porter secours. Leurs corps ont finalement été retrouvés puis acheminés à l’hôpital Dalal Jamm. D’autres décès sont rapportés dans la capitale. À Grand-Médine, un enfant de moins d’un an aurait été emporté par les eaux après l’effondrement d’un mur. À Grand-Yoff, la chute d’un pan de mur aurait également fait une victime. Des décès présumés sont par ailleurs évoqués à Yarakh, sans confirmation définitive des services compétents.
L’hôpital Philippe-Maguilène-Senghor touché
Les infrastructures sanitaires n’ont pas été épargnées. Le centre de santé de Yoff, communément appelé hôpital Philippe-Maguilène-Senghor, a été fortement affecté par les eaux, perturbant momentanément son fonctionnement. Face à la situation, une vigilance particulière est demandée aux patients, aux accompagnants et au personnel des structures sanitaires situées dans les zones touchées. Pendant ce temps, les sapeurs-pompiers et les services techniques sont engagés dans une véritable course contre la montre. Des moyens de pompage sont déployés dans plusieurs secteurs afin de retirer les importantes quantités d’eau accumulées.
La pluie frappe aussi l’intérieur du pays
Dakar n’est pas la seule région touchée. Les fortes pluies orageuses ont concerné une grande partie du territoire, avec des dégâts matériels et des pertes en vies humaines signalés dans plusieurs localités. À Silane, dans la commune de Ngogom, département de Bambey, la foudre a frappé la cour du domicile de l’infirmière-chef de poste. Sa fille de 6 ans et un cousin âgé de 8 ans, venu de Dakar pour les vacances, ont perdu la vie. Le bilan national reste ainsi particulièrement préoccupant, alors que plusieurs régions demeurent sous la menace de nouvelles cellules orageuses.
Fatou DIOP













