Fin du purgatoire ou nouvelle douche froide ? La mission d'inspection de la Caf débarque ce lundi au stade Léopold-Sédar-Senghor pour trancher sur son homologation internationale. Entièrement rénové grâce à un financement chinois de 20 milliards de F Cfa mais bloqué depuis des mois par des réserves sécuritaires et techniques, le géant de 54.000 places passe son ultime examen. Un verdict décisif pour les autorités sportives sénégalaises, désireuses d'offrir enfin une alternative au stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio.
Le grand jour est enfin arrivé pour le mythique stade Léopold-Sédar-Senghor. Ce lundi, la redoutée commission d'inspection de la Confédération africaine de football (Caf) foule la pelouse de l'enceinte dakaroise pour un audit décisif aux allures d'examen de la dernière chance. Au terme de plusieurs années de travaux titanesques, de rebondissements administratifs et de doutes persistants, le couperet s'apprête à tomber. L'arène historique du football sénégalais obtiendra-t-elle son précieux billet pour rouvrir ses portes aux compétitions internationales de premier plan ? Dans les couloirs du ministère des Sports, dirigé par Djirèye Clotilde Coly, comme chez les inconditionnels des Lions, le suspense et la fébrilité ont atteint leur paroxysme.
Vingt milliards et cinq ans de purgatoire : le déclin et la renaissance
Pour mesurer l'ampleur de la nervosité qui entoure cette visite continentale, il faut remonter le fil d'un interminable et douloureux calvaire. Dégradé, frappé d'obsolescence et logiquement déchu de ses agréments internationaux à la fin de l'année 2019, "LSS" avait été contraint de cadenasser ses grilles. Ce crève-cœur avait laissé l'équipe nationale orpheline de son volcan de 60.000 places, la forçant à déménager d'abord à Thiès, puis à élire domicile dans le rutilant stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio.
Lancé à l'été 2022 grâce à une enveloppe colossale de 20 milliards de F Cfa issue de la coopération chinoise, le chantier de rénovation lourde s'est rapidement transformé en un véritable marathon technique. L'infrastructure a été repensée et sa capacité réajustée à 54.000 places assises pour répondre aux exigences modernes. Pourtant, malgré la réception technique de la cuvette, le manque de conformité sécuritaire et les sévères réserves soulevées par la Caf lors de précédentes évaluations ont maintenu le géant stade dans un coma artificiel, repoussant sans cesse l'échéance de sa réouverture officielle.
Le diktat du cahier des charges : un examen sans concession
Pour décrocher la tant convoitée homologation de Catégorie 1, indispensable pour abriter les éliminatoires de la Coupe du monde ou de la Can, les émissaires de la Caf ne feront pas dans le sentimentalisme. Leur grille d'évaluation s'apparente à des travaux d'Hercule, passant au crible chaque artère vitale de l'infrastructure :
-Sécurité et flux des foules : L'instance exige la validation intransigeante des tourniquets électroniques couplés à une billetterie entièrement numérisée. Le PC de vidéosurveillance haute définition et la fluidité des voies d'évacuation d'urgence vers la main courante et l'extérieur sont des critères éliminatoires.
-Sanctuaires sportifs et médicaux : Les inspecteurs scruteront la conformité des quatre vestiaires de taille internationale, qui doivent être parfaitement climatisés et dotés d'espaces d'échauffement internes. S'y ajoutent l'obligation d'un local de contrôle antidopage strict et de salles de soins ultra-équipées.
-Infrastructures médias et rayonnement : Le stade doit présenter une tribune de presse couverte et hyper-connectée, une salle de conférence de presse d'une capacité minimale de 50 places avec système de traduction, ainsi qu'une zone mixte compartimentée pour canaliser les interviews d'après-match.
-L'aire de jeu et la lumière : Le tapis végétal doit frôler la perfection, soutenu par un système de drainage automatisé infaillible. Au-dessus, l'éclairage LED devra produire un minimum de 1200 à 1500 Lux pour garantir des retransmissions télévisées en qualité HD et 4K.
-L'expérience du public : La pose effective de sièges individuels munis de dossiers sur l'intégralité des gradins est vérifiée, tout comme l'état des blocs sanitaires et l'aménagement de zones spécifiquement pensées pour les personnes à mobilité réduite (PMR).
Verdict imminent : redécollage historique ou nouvelle douche froide ?
Cette inspection méticuleuse représente l'ultime rempart avant le retour tant espéré des grandes nuits d'Afrique au cœur même de la capitale sénégalaise. Un feu vert définitif de la commission permettrait non seulement de désengorger le calendrier sportif national, mais aussi d'offrir une alternative de très haut niveau à l'enceinte de Diamniadio, ravivant ainsi la ferveur populaire d'un quartier historique.
À l'inverse, si les experts pointent de nouvelles défaillances, le dossier retournerait brutalement dans les tiroirs. Un tel camouflet porterait un coup très dur à la ministre Djirèye Clotilde Coly et à l'ensemble des autorités sportives du pays. Ce lundi, c'est tout un peuple passionné de ballon rond qui retient son souffle.
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