Le Collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a vigoureusement rejeté, hier, les conclusions présentées par le procureur de la République concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Dénonçant une tentative de l'État de se dédouaner de ses responsabilités, les représentants estudiantins exigent la libération de leurs camarades détenus et annoncent la reconduction de leur mot d'ordre de grève jusqu'au jeudi 19 février.
Le malaise profond qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar vient de franchir de nouveaux paliers de tension. Dans un communiqué au vitriol, le Collectif des amicales de l’Ucad a exprimé sa « vive consternation » à la suite de la sortie médiatique du procureur de la République, Monsieur Ibrahima Ndoye, concernant le décès tragique de leur camarade Abdoulaye Bâ. Pour les représentants des étudiants, la version officielle n'est rien d'autre qu'une stratégie de communication visant à occulter la responsabilité directe des autorités dans ce drame.
Des zones d’ombre persistantes : l'origine de l'incendie de la chambre 85F...
Le Collectif ne mâche pas ses mots en dénonçant une approche qui cherche à étouffer la vérité. Les étudiants soulèvent des interrogations de fond qui, selon eux, discréditent les éléments de preuve avancés par le parquet. Ils s'étonnent notamment qu'une chute du quatrième étage puisse ne présenter aucune fracture apparente. De plus, ils exigent toute la lumière sur l’origine de l’incendie de la chambre 85F, sinistre qui a poussé les occupants de la chambre voisine à sauter dans le vide pour échapper aux flammes. Ces zones d'ombre alimentent la colère d’une communauté universitaire qui refuse de voir ses membres transformés en boucs émissaires.
Me Bamba Cissé sous le feu des critiques
Le réquisitoire du Collectif s'étend au-delà du cadre judiciaire pour toucher la gestion sécuritaire du campus. Les amicales interpellent directement le ministre de l’Intérieur sur la chaîne de commandement ayant mené aux opérations du 9 février 2026. Elles s'interrogent sur l'ordre donné aux Forces de défense et de sécurité (Fds) de pénétrer dans le sanctuaire du campus social et déplorent l'absence d'instructions pour un retrait alors que les bavures policières s'intensifiaient. Pour les leaders estudiantins, la responsabilité de l'État est entière dans cette affaire d'une extrême gravité qui exige des réponses claires.
La grève maintenue
Face à ce qu’il qualifie d’injustice flagrante, le Collectif a décidé de maintenir la pression. Tout en saluant l’élan de solidarité nationale qui se dessine, il exige la libération immédiate de tous les étudiants détenus, qu'il estime poursuivis comme de simples criminels. En conséquence, le mot d’ordre de grève est officiellement prorogé jusqu'à ce jeudi .
Samba THIAM












