Au stade Me Abdoulaye Wade de Diamniadio, l’entraînement des Lions du Sénégal, exceptionnellement ouvert au public, s’est transformé en un moment de communion nationale. Étudiants, travailleurs, supporters venus de l’intérieur du pays : tous ont répondu présents. Entre admiration, frustration liée à l’annulation du match d’au-revoir et attachement indéfectible à la Tanière, cette séance a rappelé combien les Lions restent profondément ancrés dans le cœur des Sénégalais.
Sous un ciel dégagé, la séance d’entraînement débute dans une ambiance inhabituelle. Les tribunes, garnies pour l’occasion, vibrent déjà au rythme des chants et des applaudissements. Téléphones levés, drapeaux noués autour du cou, le public savoure chaque instant.
Sur le terrain, le travail est sérieux et appliqué : circuits physiques, jeu en mouvement, conservation du ballon. Mais au-delà de l’aspect technique, une autre scène se joue, tout aussi importante : celle de la proximité entre l’équipe nationale et son peuple.
Mané, Koulibaly et Krépin au contact du public
Durant toute la séance, certains cadres de la sélection ont particulièrement marqué les espoirs par leur disponibilité. Très attendu, Sadio Mané a parfaitement communié avec les tribunes. À chaque chant scandant son nom, l’attaquant répond par un salut discret, un sourire ou un geste de la main, déclenchant une ovation.
Kalidou Koulibaly, capitaine respecté et figure d’autorité, n’est pas en reste. À plusieurs reprises, il se tourne vers les gradins, lève le pouce et encourage le public, comme pour lui rendre l’énergie reçue. Krépin Diatta, lui aussi, s’illustre par sa complicité, applaudissant les supporters après certains exercices. Ces échanges simples, spontanés, ont donné à la séance une dimension profondément humaine.
Les étudiants d’Amadou Mahtar Mbow, entre fierté et regret
Massivement présents, les étudiants de l’Université Amadou Mahtar Mbow ont vécu ce moment comme un privilège. Trois d’entre eux, interrogés, expriment une fierté palpable. « Les voir s’entraîner ici, devant nous, c’est motivant. On se sent proches d’eux », confie l’un.
Mais tous déplorent l’annulation du match d’au-revoir, initialement attendu avant le départ pour Tanger. « Un match, ça aurait permis de leur dire au revoir comme il se doit », regrette un autre. Une frustration partagée, même si la joie d’avoir approché les Lions reste intacte.
Venir de Thiès pour un simple entraînement
Dans les gradins, un supporter venu spécialement de Thiès incarne cette passion qui dépasse les distances. « J’ai fait le déplacement juste pour ça », dit-il, le regard encore tourné vers la pelouse. Lui aussi regrette l’annulation du match d’au revoir. « C’est dommage, le peuple attendait ce moment. »
Mais sa détermination ne faiblit pas. « Même si c’était à Tambacounda, je me serais déplacé. Les Lions, ça ne se rate pas. » Une phrase qui résume l’attachement viscéral des Sénégalais à leur équipe nationale.
De Kolda à Dakar, vivre au rythme de la Tanière
Plus discret, un autre supporter confie être venu de Kolda et avoir décidé de passer toute la semaine à Dakar. « Je suis là uniquement pour être près des Lions », explique-t-il. Pour lui, assister à un entraînement suffit. « Les voir, les soutenir, c’est déjà beaucoup. »
À travers ce geste, il rappelle que la Tanière n’est pas qu’un groupe de joueurs, mais un symbole d’unité nationale.
Une ferveur intacte avant Tanger
Lorsque la séance prend fin, les joueurs saluent longuement le public. Les applaudissements redoublent. Malgré l’absence du match d’au-revoir, la communion a bel et bien eu lieu.














