Enseignante-chercheuse et chargée principale du département des Finances publiques à l'Ong IBP, Dr Marieme Gnagna Thiam ne partage pas l’idée d’une restructuration qui, à l’en croire, est très aléatoire. Dans un tel scénario, les créanciers seront en position de force et peuvent imposer à l’Etat des conditions qu’il sera contraint d’accepter. Ce qui lui fait dire que le Plan de redressement est la meilleure option. Seulement, elle appelle l’Etat à davantage participer à l’effort de rationalisation.
L'Ong International Budget Partnership (IBP) a initié, ce week-end, un atelier de deux jours de renforcement de capacités des journalistes sur le budget, les enjeux actuels des finances publiques sénégalaises et le contrôle budgétaire. A cet effet, Dr Marième Gnagna Thiam, enseignante-chercheuse, chargée principale du département finances publiques à l'Ong IBP, est revenue dans sa présentation sur les enjeux de la dette publique avec notamment le débat agité par le Fmi sur la restructuration de la dette. Une option qui s’offre au Sénégal en opposition au Plan de redressement économique et sociale (Pres) initié par le Gouvernement pour sortir de cette crise. Le Pres, rappelle Dr Thiam, vise à mobiliser davantage de recettes pour pouvoir financer le développement et moins dépendre de la dette.
Poursuivant, elle estime que l’option des autorités est louable et doit être portée et appuyée par tous les Sénégalais. A l’en croire, si l’État réussit à gérer cette crise en ne faisant pas recours à la restructuration, ce sera un point positif pour les Sénégalais, mais aussi pour l’Etat et un signal fort pour le Fmi. Cependant, l’enseignante-chercheuse appelle le Gouvernement à davantage contribuer à l’effort de rationalisation en procédant à la suppression de certains de ses privilèges.
De l’avis de Mme Thiam, de la même manière que le gouvernement impose des taxes aux citoyens, il doit aussi réduire son train de vie dispendieux pour que le discours, dit-elle, soit en phase avec les actes. En ce qui concerne la rationalisation, elle estime que c’est une politique très aléatoire et qui peut être dangereuse. «Les conséquences de la restructuration peuvent être négatives pour l’Etat et notamment pour le budget du Sénégal. Une restructuration implique des négociations avec les créanciers, notamment le Fmi. Et lorsque les créanciers négocient, ils posent leurs conditions qui seront imposées au Sénégal. Les autorités n’auront d’autres choix que d’accepter parce que le pays sera en défaut de paiement», fait remarquer Mme Thiam, persuadée que l’option développée par le gouvernement est la meilleure. «Le paiement de la dette est un sprint dans un marathon. L'essentiel, c’est que l'Etat du Sénégal puisse mobiliser des ressources qui sont assez importantes pour payer les échéances de la dette», indique Mme Thiam.
L’État invité à investir sur sa cybersécurité
En outre, l’experte en Finances publiques a aussi invité l’Etat à davantage investir dans la cybersécurité. «Depuis un certain temps, le Sénégal est en proie à beaucoup de cyber-attaques. C’est un domaine où les jeunes devraient se former parce que la cybersécurité et l’intelligence artificielle sont des domaines d’avenir. L’Etat devrait investir davantage sur sa cybersécurité, notamment la cybersécurité qui touche des secteurs aussi névralgiques que la Dgid, avec la fiscalité, mais aussi la Daf qui centralise toutes les données, les informations de l’état civil des Sénégalais», explique l’enseignante à l’Ucad. Auparavant, Dr Maguette Diop, enseignant-chercheur à l'Ucad et Consultant en finances publiques, est revenu sur les grands principes qui ceinturent la matière financière, la préparation du budget, les acteurs impliqués les procédures de préparation, etc.
M. CISS












