Le placement sous contrôle judiciaire de Aliou Sall et son épouse Aïssata Sall, même après consignation de 240 millions n’a pas été pas du goût du ministère public. Le Parquet financier avait interjeté appel de l’ordonnance du juge qui ne l’avait pas suivi, alors qu’il demandait le placement sous mandat de dépôt pour les deux. La semaine dernière, la Chambre d’accusation financière, qui a statué sur le recours du parquet financier, l’a totalement débouté et a confirmé l’ordonnance de placement sous contrôle judiciaire prise par le magistrat instructeur. Mais le ministère public va-t-il s’avouer vaincu ?
Aliou Sall et son épouse Aïssata Sall ont échappé à la prison le 12 octobre dernier, lorsque le juge d’instruction du Pool judiciaire financier les avait placés sous contrôle après avoir consigné 240 millions de nos francs. Car, si cela ne dépendait que du ministère public, ils seraient en ce moment en prison. Ce, peu importe qu’ils aient cautionné à hauteur de 240 millions de francs ou non. En effet, il nous revient que le Parquet financier avait interjeté appel de la décision du juge d’instruction du Pool financier souhaitant le mandat de dépôt pour le couple Sall. Mais il a été débouté par la Chambre d’accusation financière qui a statué la semaine dernière sur le recours avant de confirmer l’ordonnance du magistrat instructeur. En clair, l’ancien maire de Guédiawaye et son épouse peuvent continuer à vaquer à leurs occupations, car le contrôle judiciaire est maintenu.
Pour rappel, Aliou Sall et son épouse ont été incriminés par le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) qui a relevé des mouvements de fonds jugés suspects sur le compte de la Société immobilière appartenant au couple et dont le maire de Guédiawaye détient 99% de parts d’action et son épouse 1%. C’est cette dernière qui avait toutefois la gérance de l’entreprise. Le 9 octobre dernier, le couple a été entendu et placé en position de garde à vue. Durant l’enquête menée par les éléments de la Division des investigations criminelles (Dic) le maire de Guédiawaye a nié les faits et a présenté des documents pour convaincre qu’il n’y a rien d’illégal dans cette affaire. Conduit au Pool judiciaire le lundi 12 octobre, le couple Sall a été inculpé pour blanchiment de capitaux avant d’être placé sous contrôle judiciaire après qu’ils ont consigné 240 millions de francs. Cette consignation ne les a pas empêchés de nier les faits devant le juge d’instruction. Le frère de l’ancien président de la République sera alors placé sous contrôle judiciaire, de même que sa femme Aïssata Sall. Une décision qui n’a pas plu au ministère public qui a interjeté appel. Ce, au moment où le couple Sall était déjà rentré. Hier, la Chambre d‘accusation l’a débouté et a confirmé le juge. Reste à savoir si le Parquet général va s’avouer vaincu.
Alassane DRAME












