Une pétition citoyenne a été lancée hier pour dénoncer les bavures policières, les abus d’autorité et les violences injustifiées commises lors d’interventions publiques, en particulier pendant les manifestations. Au centre de cette initiative : l’exigence d’une identification individuelle et visible des agents des forces de l’ordre. Ce, en marge des évènements tragiques qui ont eu lieu dans le campus de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Les initiateurs de la pétition pointent un problème récurrent : lors des opérations de maintien de l’ordre, les policiers ne portent généralement aucun numéro, badge ou signe distinctif permettant de les identifier. Cette absence d’identification rend difficile, voire impossible, toute tentative de plainte ou de poursuite en cas d’abus. Selon les signataires, cette situation favorise l’impunité. Les citoyens victimes de violences ne peuvent identifier l’agent responsable, les dossiers restent sans suite et la confiance entre la population et les forces de sécurité se détériore. La pétition souligne également que les policiers respectueux des règles se retrouvent injustement assimilés à ceux qui commettent des dérives, ce qui nuit à l’image globale de l’institution.
Autre inquiétude soulevée : l’absence d’identification facilite l’usurpation de tenues policières, exposant les citoyens à des risques supplémentaires et affaiblissant la sécurité publique.
Pour les auteurs de la pétition, ce manque de transparence fragilise l’État de droit et alimente les tensions sociales. Ils estiment que l’identification individuelle des forces de l’ordre constitue une mesure essentielle pour renforcer la responsabilité, protéger les citoyens et rétablir un climat de confiance.
La pétition appelle ainsi les autorités à rendre obligatoire le port d’identifiants visibles lors de toute intervention publique, et à mettre en place des mécanismes clairs de responsabilité en cas d’abus avérés. Les initiateurs insistent sur le fait que cette démarche ne vise pas à stigmatiser la police, mais à promouvoir une institution plus transparente, respectueuse des droits humains et au service de la population.
En quelques heures, l’initiative a commencé à susciter de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, témoignant d’un débat croissant sur les pratiques du maintien de l’ordre et la nécessité de réformes structurelles
À titre de rappel, cette pétition intervient dans un contexte encore marqué par la bavure policière, au cours de laquelle Abdoulaye Ba a perdu la vie. Les circonstances exactes de son décès avaient suscité une vive émotion et de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique, notamment en raison des témoignages faisant état d’un usage disproportionné de la force. Cette affaire, largement relayée par la presse et les organisations de défense des droits humains, est devenue pour beaucoup un symbole des dérives du maintien de l’ordre et du manque de redevabilité des forces de sécurité.
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