L'indignation généralisée se poursuit après le décès tragique du jeune étudiant Abdoulaye Ba. C’est dans cette dynamique que s’est inscrit le communiqué de trois organisations de la société civile pour dénoncer l’usage disproportionné de la force par la police alors qu’il n’y avait pas de manifestation d’étudiants. Des actes que les signataires jugent intolérables avant d’inviter à ce que la lumière soit faite.
Trois organisations de la société civile – en l’occurrence Convergence africaine pour la démocratie et les droits humains (Sen_Caddhu), le Forum du justiciable et Justice sans frontières - ont signé hier un communiqué conjoint pour exprimer leur indignation face aux bavures et l’utilisation excessive de la force contre les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop et ayant entraîné de nombreux blessés et la mort tragique de l'étudiant Abdoulaye Ba. « Cet usage disproportionné de la force par la police est d'autant plus inquiétant qu'il n'y avait aucune manifestation, donc aucun ordre à maintenir. Ces actes intolérables constitutifs de graves atteintes aux droits humains nous obligent à réclamer justice et vérité afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame inqualifiable », indiquent ces organisations de la société civile. Revenant sur l’arrestation de plusieurs dizaines d'étudiants dont des présidents d'amicales et des blessés détenus au Commissariat central pour des motifs inconnus pour le moment, malgré les efforts notés de la part des avocats constitués, ces organisations de la société civile appellent les autorités compétentes à éviter l'escalade et à prendre leurs responsabilités afin que de tels drames ne se reproduisent plus. « La protection des étudiants et le respect de leurs droits doivent être une priorité absolue car la voie de la répression ne peut remplacer celle du dialogue », précise le communiqué de la société civile. En effet, tout en condamnant la violence utilisée par les forces de l'ordre contre des étudiants inoffensifs, les signataires réclament l'ouverture immédiate d'une enquête indépendante, impartiale et transparente afin d'établir les responsabilités et la publication des conclusions de cette enquête dans les meilleurs délais. Mieux, ces organisations rappellent aux autorités politiques, administratives et judiciaires qu'en vertu des engagements internationaux du Sénégal, elles ont l'obligation de respecter le droit à la vie et à la dignité des étudiants. Elles Invitent aussi les autorités à cultiver la Paix en libérant immédiatement toutes les personnes. retenues dans ce dossier à la police et à engager des discussions avec les mandataires légaux des étudiants de toutes les universités du pays afin de trouver une issue heureuse et durable à la crise ; encouragent également les étudiants à accepter l'ouverture de négociations afin de forger des consensus forts qui permettront de construire une véritable paix dans les établissements d'enseignement supérieur du Sénégal et demandent à l'ensemble des acteurs sociaux et institutionnels d'œuvrer pour une solution durable garantissant la stabilité de l'année universitaire.
M.C












