L'affaire dite "Keur Yeurmandé" et dans laquelle Ndella Madior Diouf et ses coinculpés sont mis en cause a encore connu un nouveau renvoi. La chambre criminelle de Dakar, devant qui ce dossier a été appelé hier, mardi 13 janvier 2026, l'a reporté pour la date du 10 février 2026. Ce, dans le but de permettre au tribunal de citer les autres accusés qui sont sous contrôle judiciaire, les témoins et les parties civiles.
Les avocats de la défense ont profité de cette audience pour demander une liberté provisoire pour le compte de la patronne de Saphir Fm. Me Aboubacry Barro, le seul à plaider à la barre, a indiqué que sa cliente présente toutes les garanties de représentation en justice. De ce fait, il a été plaidé pour qu’elle soit libérée avec port de bracelet électronique. Par ailleurs, la robe noire a expliqué au tribunal que sa cliente est en train de "vivre toutes les difficultés" du monde puisqu'elle a perdu son père alors qu'elle se trouvait dans les liens de la détention. D'après toujours le conseil, Ndella Madior Diouf a voulu aider puisqu'elle a eu le courage et l'humanité d'accueillir tous ces enfants. "Je parie que s'il n'avait pas aidé les mères de ces enfants, ces dernières allaient être poursuivies pour infanticide", a indiqué Me Barro.
Mais, le procureur s'est opposé à la demande de liberté provisoire pour plusieurs raisons. Parmi celles-ci, le parquet a parlé de garantie d’un "procès équitable" entre les parties. Il s'agit, selon le parquet, de défendre les intérêts des victimes, des accusés et du tribunal. L'autre motif évoqué, c'est celui de la "gravité des faits" et le trouble à l'ordre public. Tant que l'affaire n'est pas encore vidée, selon le maître des poursuites, ce trouble persiste. Tous ces motifs, dit-il, font qu'il faudrait le maintien de Ndella Madior Diouf en détention pour garantir un procès équitable. Il a demandé le rejet de ladite demande après avoir aussi parlé de "risque de collusion de témoins".
La chambre criminelle a suivi le procureur en rejetant la demande de liberté provisoire.
Pour rappel, Ndella Madior Diouf et les autres accusés sont poursuivis pour 10 crimes dont des faits de traite de personnes, exercice illégal de la fonction de médecin, privation d’aliments ou de soins ayant entrainé mort sans intention de la donner, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger, obtention indue de certificat aux fins d’inhumation, infraction aux lois sur les inhumations, homicide involontaire, non déclaration de naissance et complicité de ces chefs. Après qu'elle est placée sous mandat de dépôt en décembre 2023, ainsi que son assistant, Cheikh Tidiane Ndiaye, tous les 16 autres prévenus ont bénéficié d'un contrôle judiciaire. Il s'agit de Awa Mbaye, Fanta Cissokho, Fatou Sène, Sadio Keita, Anta Sarr et Yacine Sow qui sont sous contrôle judiciaire, (au nombre de 6). Pour ce qui est de Djiby Sow et Koumah Jakham, ils ont tous les deux bénéficié d'une liberté provisoire le 23 mai 2024 après avoir été placé sous mandat de dépôt le 28 décembre 2023.
Fatou D. DIONE













