Attraite à la barre par son sous-locataire El Hadji Bara Loum, Marème Diop a été purement et simplement relaxée hier, vendredi 14 novembre 2025 par le tribunal des flagrants délits de Dakar. Il lui reprochait des faits de vol portant sur la somme de 400.000 F Cfa.
Le tribunal des flagrants délits de Dakar s'est pêchée hier, vendredi 14 novembre 2025, sur une affaire de vol avec effraction opposant Marème Diop, commerçante née en 1971 et domiciliée à Cambérène, à son sous-locataire El Hadji Bara Loum, qui l’accusait de s’être emparée de 400.000 F Cfa déposés dans une chambre qu’il occupait.
Face au prétoire, la prévenue ne nie pas avoir défoncé la porte de la pièce sous-louée, ni en avoir changé la serrure. Elle s’en excuse d’ailleurs, expliquant qu’elle agissait "sous la pression". "Depuis quatre mois, il ne payait plus. Il a même simulé un voyage pour éviter de me régler", plaide la commerçante. Elle ajoute qu’en son absence, le locataire aurait laissé d’autres hommes occuper la chambre, "fumant de la drogue, buvant de l’alcool, venant avec des filles".
Se disant femme seule avec des enfants mineurs, elle affirme avoir craint pour sa sécurité. "J’ai commis une erreur en cassant la porte, mais jamais je n’ai pris son argent", assure-t-elle.
En face, la partie civile livre une version opposée. El Hadji Bara Loum reconnaît occuper une chambre avec salle de bain, sous-louée à 50.000 F Cfa par mois. À son retour de voyage, raconte-t-il, il découvre la porte forcée, la serrure changée, et surtout la disparition de 400.000 F Cfa qu’il affirme avoir laissés sur place. "C’est mon frère qui gardait l’argent dans la chambre. Je ne lui réclame rien d’autre que cette somme", précise-t-il.
Mais, puisque la matérialité des faits était difficile à établir, le procureur a tranché en faveur de la prévenue. Selon le parquet, l’affaire relève davantage d’un conflit locatif que d’un vol avec effraction. "Rien ne prouve que l’argent se trouvait réellement dans la chambre. L’objet du vol n’est pas établi, la matérialité non plus", soutient le parquetier. Estimant que la prévenue voulait surtout obliger son locataire défaillant à quitter les lieux, il a requis la relaxe pure et simple de la mise en cause.
Même son de clochette du côté de la défense. Me Alioune Badara Fall s’indigne du "comportement abusif de certains locataires" qui, selon lui, "ne paient pas, ferment la chambre et vous laissent poireauter". Il rappelle que le plaignant cumule quatre mois d’impayés avant de venir soutenir qu’on lui aurait dérobé 400.000 F Cfa. C’est invraisemblable, dit-il en demandant la relaxe de sa cliente.
Le tribunal, au moment de délibéré, a suivi le parquet dans ses réquisitions en relaxant Marème Diop. El Hadji Bara Loum a quant à lui été débouté de sa demande de réparation de 400.000 F Cfa.
Fatou D. DIONE













