Pouvez-vous revenir sur la rencontre présidée par le Premier ministre Amadou Ba, qui a reçu les deux équipes finalistes de la Coupe du Sénégal ?
C’est avec une immense joie que nous avons été invités par le Premier Ministre Amadou Ba en présence des équipes qui vont s’affronter le dimanche pour la finale de la Coupe du Sénégal à savoir le Stade de Mbour et l’Asc Jaraaf. C’était aussi une occasion pour échanger avec les deux équipes. Nous voulons que la finale soit une très belle fête. Tout le monde sait que le Sénégal a rempli sa vitrine en 2022 et en 2023 avec notamment le trophée du Chan ce qui veut dire que c’est le football local qui est en train de se développer. Alors si nous devons organiser une finale de la Coupe du Sénégal, il faut y mettre les moyens. Donc nous avons même demandé au chef de l’Etat de rehausser de sa présence la finale. Nous avons demandé au Premier ministre, ministre des Sports d’être notre relais auprès du président de la République. C’est une occasion pour le remercier, car il a beaucoup fait pour le sport sénégalais. Le fait d’organiser ce match au stade Me Abdoulaye Wade montre l’importance de cette finale de la Coupe du Sénégal.
Ou est-ce que se jouera le match retour Rwanda-Sénégal ?
Je vais d’abord faire une précision, car la fédération n’a pas fait de communiqué sur ce match. Je suis d’ailleurs surpris de voir ce courrier dans la presse, mais c’est une lettre adressée par le secrétaire général adjoint à la Caf. Nous n’allons pas nous cacher derrière notre petit doigt. Il y a un problème aujourd’hui par rapport à ce match. Même si à l’origine le Rwanda nous avait sollicités pour évoquer la possibilité de venir jouer ici, parce qu’il n’avait pas de stade et que le cas échéant nous puissions jouer la dernière journée chez eux. Dans un souci de solidarité, nous n’avions pas fermé cette hypothèse en disant qu’on avait un accord de principe. Mais, comme on l’a dit dans la lettre, il n’y avait aucun engagement qui était obligatoire. C’était juste une possibilité que l’on offrait à ce pays, si jamais il était dans une posture de qualification. Entre-temps beaucoup de choses ont changé et en l’état des textes de la Caf, si vous allez à l’article 16, ce qui est clair, c’est que une fois que les tirages sont faits, chaque équipe reçoit selon le calendrier qui est établi et la seule dérogation qui est prévue, c’est que les deux pays puissent se mettre d’accord pour organiser les deux manches dans un même pays. Aujourd’hui, nous estimons que nous ne pouvons mettre, a trois jours du match amical contre l’Algérie, nos joueurs dans un avion pour douze heures de vol et aller faire trois heures de route en plus, vu que le match ne se joue pas à Kigali. C’est vrai que le Mozambique a été reçu là-bas, mais nous n’avons aucune garantie par rapport aux capacités d’hébergement et le standing de notre équipe. Pourquoi, bon Dieu, devrons-nous prendre nos joueurs avec toute la charge de compétition qu’ils ont et les sacrifier pour un match qui n’a pas d’enjeu ni pour nous ni pour eux ? Prendre Sadio Mané, Koulibaly, Gana Guèye et tous les autres pour qu’ils fassent 15 heures de vol aller-retour, ça n’a pas de sens. Donc nous demandons à la Caf de prendre une décision et nous nous aviserons. Notre posture c’est que nous devons recevoir et on doit l’appliquer. Nous pouvons même essayer de proposer sous l’égide de la Caf à nos homologues rwandais de les prendre en charge ici pour le voyage. Ils n’ont pas voulu accepter, mais c’est leur droit mais nous aussi c’est notre droit de réclamer la tenue du match là où il doit se jouer. Nous voulons préserver l’intégrité de nos joueurs. On voit souvent comment nos joueurs souffrent dans ces voyages et nous n’allons pas courir le risque de perdre des joueurs comme on a perdu Sadio Mané à quelques jours de la Coupe du monde. Souvent aussi nous avons des conflits avec les clubs et ça aussi c’est un problème. Je suis le premier vice-président de la Caf, mais à un certain moment, je pense qu’il nous faut faire face à la réalité et prendre les bonnes décisions qui font avancer le football et ne pas être dans l’émotionnel. Si nous ne protégeons pas nos grands joueurs de quelque pays qu’ils soient, ne nous étonnons pas qu’ils se détournent de nos équipes nationales au gré de leurs intérêts, parce qu’ils renoncent à beaucoup d’avantages dans leurs clubs pour venir jouer et nous avons l’obligation que ça soit nos associations nationales comme les instances continentales de les préserver. Je ne pense pas que dans notre confédération cette question aurait pu se poser.
Qu’en est-il de la polémique avec Génération Foot concernant la reprogrammation du match le même jour que la finale de la Coupe du Sénégal ?
Là aussi, je pense que ce qui est arrivé n’est pas souhaitable. Vous savez, il faut comprendre que nous sommes dans un contexte assez particulier. Nous-mêmes nous l’avons vécu en tant que fédération. C’est la première fois depuis que je suis président qu’on tienne une AG au mois d’août. Généralement on tenait ces AG entre le mois de mars et d’avril, mais il y a eu des changements et il y a eu beaucoup de compétitions. La saison a tiré en longueur. Beaucoup de compétitions n’ont pas pu se terminer ; on a même dû faire le choix sur le vif par rapport au représentant à la Coupe d’Afrique donc c’est ça qui a entrainé des chevauchements entre différents évènements Nous le déplorons nous aussi, mais à un certain moment aussi, nous ne pouvons pas dire qu’il n’est pas impossible que des compétitions au niveau local puissent se chevaucher avec des compétitions internationales. Le fait que ça tombe le même jour ça peut gêner. Effectivement on a parlé des questions d’agenda, malheureusement, nous ne détenions pas toutes les cartes en main, parce que Hafia de Conakry avait son mot à dire. Je le précise d’ailleurs, la Fsf n’a pas écrit à Hafia, elle a adressé sa correspondance à la Caf et c’est la Caf qui a dit qu’il faut l’aval du club de Conakry. Le club a refusé et on n’y pouvait rien. Je dois vous dire une chose parce que moi-même en tant président de la Fsf j’ai de bons rapports avec le président de Hafia. D’ailleurs c’est lui-même qui m’a saisi, j’étais en Australie. Il m’a envoyé un message pour déplorer le fait qu’il ne puisse pas accepter. Il avait dit qu’ils avaient tout calé. Je lui dis que nous, ce qui nous aurait arrangés, c’est qu’on puisse avancer ce match, mais ça n’a pas pu se faire. Je peux vous rassurer, à mon avis, il n’y a aucun nuage entre nous et Génération Foot. Puisqu’avant-hier, j’ai parlé au téléphone avec Mady Touré pendant 45 minutes sur cette question. On est désolé, nos vœux aujourd’hui, c’est que Génération Foot et le Casa Sport se qualifient. N’oubliions pas que nous avons essayé d’accompagner ces équipes. Nous avons mis sur la table 25 millions ce n’est pas pour que ces équipes soient éliminées. Nous sommes face à une situation et le plus important, c’est de faire en sorte d’équilibrer. Hier au sein du comité exécutif que certains membres soient présents à Thiès, pour la totalité du match, pour montrer que nous sommes avec Génération Foot qui est un fleuron du football sénégalais. Ils sont champions et ils représentent quand même une identité remarquable dans notre football. Nous n’avons aucune raison de poser des actes contre cette équipe. Il faut s’adapter et si nous avons le chef de l’Etat dans une compétition comme la finale de la Coupe du Sénégal on ne peut pas le refuser. La Coupe du Sénégal étant doté du trophée du chef de l’Etat, on tombe sous le prisme de l’agenda du président de la République. Ce n’est plus l’agenda fédéral et c’est pour ça qu’on a essayé de trouver une solution, mais on n’a pas pu. Cette saison doit finir et nous avons trouvé un moindre mal qui consiste à décaler un des matchs pour permettre aux uns et aux autres d’assister au deux matchs. Il n’y a pas de manque de respect. Après c’est vrai que Génération Foot a été informé après Hafia, parce que simplement la Caf a demandé de saisir Génération Foot.












