Il avait tout prévu avant ce match. Calculateur, Emerse Faé est revenu sur la manière avec laquelle il a réussi à réveiller les Eléphants. C'est un fin technicien qui s'est présenté à la conférence de presse d'après match.
Emerse Faé peut dormir sur ses lauriers. Nommé intérimaire à la suite du limogeage de Jean Louis Gasset, il vient de réussir un coup de maître en éliminant le champion d'Afrique en titre. En conférence de presse, Faé a reconnu un moment de flottement dans les 15 premières minutes. "On a eu un début de match difficile, on a mis 10-12 minutes à rentrer dans le match, à se mettre en place tactiquement, à coordonner les déplacements quand le Sénégal jouait sur la largeur. On a pris ce but très vite et ça aurait pu nous mettre la tête sous l’eau parce que de là où on vient, j’avais peur d’encaisser un but rapidement, c’est ce qui s’est passé. Derrière, ce qui est ici, là où il faut féliciter les joueurs, c’est qu’ils ont eu une réaction d’homme. J’avais demandé avant le match de retrouver mes Eléphants, de retrouver mes hommes, de retrouver mes guerriers et sur ce match, sur cette qualification, ils m’ont montré que c’étaient des guerriers", fait savoir le coach des Eléphants.
Revenant sur la pression qu'il a subie depuis qu'il est à la tête des Eléphants, Faé raconte ce qu'il a vécu. "Non, c’est dur, c’est dur, il y a la pression, on ne peut pas se mentir, la journée a été très longue, la journée a été très longue. Je n’ai pas réussi à faire ma sieste quotidienne, parce que j’étais en train de réfléchir à tous les scénarios qui pouvaient arriver, si on marque vite, si on encaisse un but rapidement, si on n’arrive pas à se mettre en place tactiquement. J’étais en train d’anticiper tous les scénarios qui pouvaient arriver dans le match, donc oui, ça a été une journée difficile. Après vous dire que je n’avais pas la pression, ce serait vous mentir, bien sûr que la pression, elle est là, la pression naturelle d’un huitième de finale de Can contre le Sénégal, qui est le tenant du titre et qui est parmi les favoris. Oui, ça met la pression, mais c’est une pression positive, c’est une pression que j’aime finalement, parce que je suis un compétiteur, et à la fin, c’est ce qui nous permet de nous transcender", dit-il.
Faé souligne qu'il avait prévu même de prendre un but très tôt. "Déjà, avant le match, je leur avais dit qu’entre une équipe comme le Sénégal, il peut tout se passer, on peut prendre un but très vite, comme on peut marquer très vite. Mais surtout ne rien changer, ne pas s’affoler, ne pas paniquer, ne rien changer, ne rien changer au plan qui était là depuis le départ, que quoi qu’il arrive, on aurait du temps", déclare le coach. Qui ajoute : " à la mi-temps, j’ai tenu le même discours, j’ai dit : ‘’les gars, on a encore 50 minutes à jouer avec les arrêts de jeu, il ne faut pas commencer à aller dans tous les sens, restons structurés, restons organisés, restons compacts et quand on a le ballon, continuons à sortir le ballon de derrière’’. Je leur ai juste demandé d’être un peu plus méchants offensivement, d’apporter plus de danger dans le dos de la défense sénégalaise parce que je savais qu’ils n’aimaient pas trop défendre en courant vers leur but. Le discours, il a été de ne pas s’affoler, de ne pas paniquer, de garder nos principes qu’on a mis en place depuis jeudi et que quoi qu’il arrive, on va les récompenser", dit-il.













