Malgré la qualification, Aliou Cissé est dans l’œil du cyclone des esthètes du foot. Le sélectionneur national serait coupable de ne pas donner de «ligne directrice» au jeu de l’équipe du Sénégal, à la différence des autres. Le Sénégal est attendu au tournant et va devoir hausser son niveau de jeu et montrer un état d'esprit autrement plus offensif, mardi, face au Cap-Vert.
Le sélectionneur national du Sénégal le sait. Après une phase de groupe «avec le frein à main» face au Zimbabwe, la Guinée et surtout le Malawi, l'ancien capitaine des Lions sait que la marge de manœuvre s'est considérablement rétrécie. Outre la programmation des matchs et la Covid-19, c'est le système tactique qui a été décrié, notamment sur le choix des hommes.
Dans tous les esprits, l'incapacité récurrente à marquer des buts pose un problème. En trois matchs, les Lions n'ont trouvé le chemin des filets qu'à une seule reprise et c'est sur penalty face au Zimbabwe grâce à Mané. Une prise de conscience générale certaine aura effet de pousser Cissé à changer son système. Ce dernier a d'ailleurs multiplié les expérimentations à l'entraînement avant de trancher mardi. Cela augure un réajustement tactique mardi contre les Requins Bleus, avec une équipe offensive peut-être avec la titularisation d'un joueur capable de porter le jeu des Lions, Pape Matar Sarr ou Moustapha Name.
Avec l’un d’eux, Cissé pouvait certainement combler l’absence assumée d'un meneur de jeu dans le milieu des Lions. Mais, ces deux Lions ne jouent presque pas. Ils sont relégués au second plan alors que chaque prestation de l’équipe convoque leur profil. Aujourd’hui, bien plus qu’avant, le jeu des Lions manque de créativité et de verticalité. Name et Sarr, deux milieux de terrain souvent buteurs avec leurs clubs respectifs, sont capables d’apporter ce lien inexistant entre les milieux de terrain et les attaquants.
Cependant, Aliou Cissé, avec sa peur bleue de perdre pourrait, tenter de reconduire son milieu à trois avec trois joueurs box to box (Kouyaté (suspendu)-Nampalys-Gana). Donc s'il n'arrive pas à faire jouer Name ou Sarr, jouer en 3-5-2 pourrait s'avérer plus logique avec Bouna Sarr, l'un des meilleurs joueurs depuis le début du tournoi et Saliou Ciss, en pistons mardi. «La verticalité, ça fait partie du football africain. J’essaye de leur (les joueurs) faire comprendre qu’il faut trouver le juste milieu. En football, je ne prône pas trop le jeu latéral. Je veux que le jeu aille de l’avant. Mais, la réflexion du joueur est aussi importante», a indiqué l’entraîneur après le match contre le Malawi.
Au-delà de ce schéma, c'est la mentalité générale de l'équipe qu'il conviendra d'analyser. Car peu importe la tactique. Si les Lions se montrent aussi peu enclins à utiliser les espaces et à aller franchement de l'avant comme ce fut le cas face en phase de poule, ils vont passer leur temps à essayer d'endiguer des vagues bleues (Cap Vert) qui, elles, ne manqueront pas de déferler avec le risque d'engloutir les Lions. Nul besoin de se mettre martel en tête que le Sénégal sait qu'il va voir déferler des vagues Bleues et qu'il lui faudra se surpasser pour éviter de prendre la marée.
On espère que la bande à Kalidou Koulibaly fera le meilleur match possible pour lancer leur tournoi, mais surtout faire un pas vers un sacre continental attendu depuis 33 ans. A Cissé de lâcher le frein et de savoir qu'à ce stade de la compétition, il faudra gagner ou rentrer à la maison.












