A 48h du renouvellement des instances de la Fédération sénégalaise de basket-ball (Fsbb), Me Babacar Ndiaye, qui est candidat à sa propre succession, a convié hier la presse pour s’exprimer sur la fin de son mandat, la motivation de sa candidature, les chantiers qu’il doit achever, mais aussi sur sa légitimité. La Fédération sénégalaise de basket va renouveler ses instances ce samedi 27 mai.
Le bilan
« Durant tout mon mandat, j’ai passé presque les 7 années et quelques mois avec le ministre Matar Ba que je remercie et à travers lui l’Etat du Sénégal. Nous avons tous vu les acquis obtenus par le basket pendant ces 8 ans. Ils sont là, les anciens Lions et lionnes, ils savent ce qu’ils recevaient en termes de primes, les conditions de leur hébergement et transport qui se sont très sensiblement améliorées. J’ai été à Abidjan en 2013, le dernier Afrobasket avant mon élection. Et à l’époque, on payait des primes de 100.000 voire 150.000 F Cfa. C’est à partir de 2015 qu’on a commencé à payer des primes de 1 voire 2 millions. On a commencé à loger nos équipes nationales dans les hôtels 5 étoiles. A payer des primes de participation et regroupement, en lieu et place des 5000 et 6000 F CFA qui étaient donnés. Tout cela pour rendre le statut de l’international sénégalais plus performant. Et tout ça, c’est grâce à l'appui de l’Etat du Sénégal et le travail qui s’est fait au niveau de la Fédération.
Sans oublier l’esprit d’équipe du bureau fédéral qui est resté soudé tout au long des obstacles rencontrés. On n’a jamais entendu un membre du Comité directeur sortir et s’attaquer à ses pairs. Nous avons été soudés ; c’est peut-être ce qui fait la force de cette Fédération. Durant toute cette tension artificiellement soutenue, nous avons toujours été soudés, toutes les décisions ont été prises de concert avec tous ces acteurs.
C’est ça qui a fait le développement de notre discipline. Il n’y a pas de régression de notre basket, c’est faux, c’est artificiellement entretenu. Je donne toujours l’exemple chez les garçons. On a été 8e ou 9e en 2009, 2011 et 2012. C’est en 2013 qu’on a été 3e. Nous avons fait 3 Afrobasket on a été classé deux fois 3e avec deux médailles de bronze et une fois 4e et on s’est aussi qualifié à la Coupe du monde et au tournoi préolympique. On n’avait jamais accédé auparavant au second tour d’une Coupe du monde et on l’a fait en Espagne. On n’a jamais dominé le basket africain masculin, on a toujours effectivement eu à jouer des rôles. On a gagné, mais de façon épisodique. Chez les U19 on a eu un quart de finale d’une Coupe du monde que jamais notre discipline n’avait vécu auparavant ; chez les dames aussi on a eu à faire 4 Afrobasket et on a joué 3 finales dont une de gagnée.
Il y a des joueurs qui ont fait leur éclosion. On a vu Jean Jack Boissy et Samba Daly Fall s'illustrer à la BAL en étant respectivement MVP du quart de finale et de la demi-finale. Ce sont des produits de notre U18. Il y a aussi des départs mais on n’a pas senti une baisse parce que les jeunes sont venus prendre brillamment la relève. La qualification de la Douanes justifie le niveau de notre championnat ».
La candidature
« Il y a un aspect symbolique. C’est de battre le record d’Ibrahima Diagne qui a fait 8 ans. Je serai ainsi le deuxième président derrière Abdoulaye Sèye qui compte 19 voire 20 ans. Nous avons aussi ouvert des chantiers qu’il faut terminer ».
Les chantiers
« Nous sommes en train de bâtir une équipe chez les garçons qui a été brillante lors du dernier Afrobasket. Qui s’est qualifiée sur le terrain pour la Coupe du monde mais éliminée par le règlement. Il y a l’Afrobasket 2025 qui approche, nous travaillons pour la remporter mais voir aussi les possibilités de l’organiser. Mais cela relève du pouvoir décisionnaire de l’État. Faire en sorte que le basket soit professionnalisé. Nous payons plus que le football en termes de salaire. Au basket, on peut avoir des salaires d’un million. Les salaires de 300 voire 500 mille sont moyens. Nous allons créer une première division d’élite avec des matchs attrayants, composée de huit équipes professionnelles. Une deuxième division d’élite aussi parce que nous sommes dans le cadre de la massification du basket avec deux conférences de 10 équipes. Et maintenir ce format-là pour une création d’une 3e division. Et un projet qui me tient à cœur, la construction d’un siège de la Fédération. Pour la petite catégorie, il faudra changer le modèle de la formation. Il faudra créer un centre de formation fédérale pour avoir les meilleurs jeunes pour nos équipes nationales et organiser un tournoi national. »
Implication des anciens internationaux votants
« Nous avons estimé nécessaires d’inviter des Lionnes et Lions qu’on appelle anciennes gloires pour assister à la conférence de presse. Parce que nous estimons que personne n’a impliqué autant d’anciens internationaux dans le basket que cette Fédération. Aya Pouye de la Zone 2, Adama Diakhaté, Kankou Coulibaly, Maïmouna Fall présidente Duc, Anta Sy, Larry Guèye pdte Jaraaf, Coumba Cissé, Maguette Ndoye, Moustapha Gaye, Bill Seck du Saltigué, Yamar Samb président de l’AS Police, Ali Ngoné Niang, Assane Ndiaye président EPT et Gorgui Sy Dieng, président Kébémer. Il y a d’autres qui ne sont pas là mais qui sont impliqués, je veux parler de Matar Ndiaye, Malèye Ndoye, Desagana et autres… Puisqu’on nous reproche tout le temps de gérer le basket en dehors des basketteurs, ce qui n’est pas conforme à la vérité. Pour simplement dire que notre candidature est soutenue par des anciens basketteurs et ceux en activité… Gorgui Sy Dieng joue, on ne peut plus parler d’exclusion des basketteurs donc.
J’ai 23 clubs qui m’ont donné leur accord mais en termes d’élection, je préfère parler de 20 clubs et ce sont ces mêmes gens qui ont été mandatés par ces clubs. »
Légitimité de la candidature du président sortant
« On ne peut pas me reprocher de ne pas appartenir à un club. J’ai fait 20 ou 25 ans en club dont 7 ou 8 ans en tant que président. C’est ça l’esprit de la loi. On nous dit que pour venir à l’assemblée générale pour être président, il faut être mandaté par un club et faire partie du mouvement associatif. Pour la première fois, il faut donc impérativement un mandat. Mais nous avons réformé en disant que le président de la Fédération ne peut plus cumuler ses fonctions avec celles de président de club. On ne peut pas demander d’annuler ce cumul de fonctions et demander au président de la Fédération de venir avec un mandat d’un club à l’AG, ce n’est pas cohérent. On a dit que pour permettre au président d’être neutre et d’être au-dessus de la mêlée, il fallait se retirer de son club et je me suis retiré du Duc. Les textes précisent bien que le président sortant n’a pas besoin de mandat pour se représenter. C’est simple. Je ne polémique pas inutilement. »












