UNE FAMILLE S'ENTREDECHIRE À LA BARRE POUR UNE AFFAIRE D'HÉRITAGE : Ibrahima Sow attrait devant le juge par sa belle-mère pour avoir dilapidé le legs familial



 
Pour avoir dissipé l'héritage que leur défunt père leur a laissé, le commerçant Ibrahima Sow a été traîné en justice par sa belle-mère Kadia Gadjigo. C'est pour des faits d'abus de confiance que lui reproche la dame qu’il a été jugé hier devant la barre des flagrants délits de Dakar.
 
 
Les héritiers de feu Abdou Seydou Sow ont soldé leurs comptes, hier, devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Ce, pour une affaire d'héritage. C'est Ibrahima Sow, l'un des fils du défunt, qui est à l'origine de la dilapidation de cet héritage. Dans cette affaire, tout a commencé en 2014 à la suite du décès de Abdou Seydou Sow, le chef de famille. Ce polygame ayant succombé suite à un accident de travail en France, ses héritiers ont donné mandat à sa première épouse Aldiouma Sow de percevoir les indemnités, puisque c'est elle qui est reconnue aux yeux de la loi comme légitime. De ce fait, elle s'était engagée à partager les montants que lui versait l'entreprise avec ses deux coépouses et leurs enfants. Chose que la bonne dame a faite jusqu'à sa mort en 2020. Mais, les problèmes ont démarré lorsque son unique fils Ibrahima Sow a pris le relai. Ce dernier, lorsqu'il a reçu deux virements, soit un total de 104 millions F Cfa, a refusé le partage avec ses frères, sœurs et sa tante.
Pour ainsi réclamer leur dû, le reste de la famille l'a traîné en justice pour abus de confiance. C'est à la barre des flagrants délits de Dakar qu’il a comparu libre hier. Celle qui a enclenché les poursuites contre lui, à savoir l'une de ses belles-mères, Kadia Gadjigo, a déclaré que Ibrahima Sow lui doit 36 millions F Cfa. Ce que réfute le mis en cause, qui a déclaré avoir perçu les indemnités en qualité d'héritier de sa mère. «Après le décès de ma mère, l'avocat qui se trouve en France m'a réclamé un jugement d'hérédité et un certificat de non opposition ni appel. Quelques temps après, l'employeur de mon défunt papa m'a octroyé deux virements de 135.000 et 25.000 euros. Ma belle-mère a touché 70.000 euros soit 45 millions F Cfa», a-t-il soutenu. Avant de poursuivre : «je n'ai jamais mis les pieds en France. Mon père s'était marié à trois femmes, mais il a divorcé avec l'une d'elles avant son décès. C'est avec celle-ci qu'il a eu deux enfants», dit-il.
Avocat de la partie civile, Me Ciré Clédor Ly a indiqué que Ibrahima Sow a violé le protocole d'accord. Ce que sa famille ne lui pardonnera jamais, selon toujours la robe noire. Réclamant la somme de 70 millions F Cfa en guise de réparation, Me Ly de renchérir : «il a failli à deux mandats. S'il n'est pas condamné, aucune coépouse ne recevra son préjudice successoral».
Le procureur estimant que la preuve de l'existence d'un mandat n'a pas été rapportée, a demandé l'application de la loi contre lui. Les avocats de la défense ont quant à eux souligné que ce dossier résulte «d'une manipulation et d'une construction». C'est sur cette base qu'ils ont demandé que leur client soit renvoyé des fins de la poursuite sans peine, ni dépens. «On a copieusement insulté le prévenu jusqu'à insulter la mémoire de sa mère. Il est doublement orphelin. Il a perdu son père dans des conditions tragiques. Avant qu'il ne sèche ses larmes, sa mère est partie et on le traîne à la barre», a déploré Me Ibrahima Ndiéguène. Délibéré au 14 mars prochain.
 
Fatou D. DIONE
 
 
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