Le climat politique préoccupe plus d’un. Les appels au calme et à la paix fusent de partout. La Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) s’y met aussi. Lors de sa réunion de ce samedi 4 mars, elle a abordé entre autres questions la situation politique qui est plus que tendue, selon elle. Mody Guiro et ses compagnons ont aussi magnifié les acquis, avant d’inviter le gouvernement et les employeurs à respecter les engagements pris.
Cette année préélectorale est marquée par une forte menace qui pèse sur le climat social, avec les prises de position des politiques, pouvoir comme opposition. La Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) fait le constat pour le déplorer vigoureusement. Analysant la situation politique du pays, le Bureau de la Cnts dit noter avec regret la détérioration du climat politique et l’absence de dialogue entre pouvoir et opposition, ce qui a pour conséquences malheureuses, soulignent Mody Guiro et Cie, «la surenchère, la violence, les menaces sur l’ordre public, la paix sociale, la stabilité et les libertés d’expression et de manifestation».
C’est pour cela que le Bureau confédéral appelle la classe politique, pouvoir tout comme opposition, «à la sérénité, à la responsabilité et à placer le Sénégal au-dessus de leurs intérêts partisans et à privilégier le dialogue politique sincère et constructif, gage d’une paix durable». De plus, la Cnts demande au gouvernement «de garantir la liberté d’opinion et d’expression tout en encadrant les manifestations pacifiques déclarées par les organisations sociales et politiques».
Abordant la question du climat social, les syndicalistes se sont tout d’abord félicités des acquis obtenus comme l’augmentation des salaires des travailleurs de la Fonction publique locale. Ils invitent par ailleurs le gouvernement à respecter ses engagements pour garantir la stabilité du secteur. Par la même occasion, les syndicalistes ont aussi salué la décision prise par le gouvernement de procéder à la baisse du loyer et l’invite à tout mettre en œuvre pour l’effectivité de cette mesure de haute portée sociale.
Néanmoins, le Bureau confédéral déplore «la persistance des conflits sociaux dans certains secteurs au mépris des valeurs et principes du dialogue social qui demeure l’instrument le plus efficace pour parvenir à des accords consensuels, facteurs de progrès et de paix sociale» ; et demande au gouvernement et aux employeurs d’ouvrir dans les meilleurs délais des négociations sincères avec les représentants des travailleurs.
«Le gouvernement doit encadrer les manifestations pacifiques déclarées par les organisations sociales et politiques»
Ces négociations devront mener, selon Mody Guiro et Cie, à la suppression du système des équivalences dans le secteur de l’hôtellerie, l’application des accords avec les travailleurs du secteur primaire, le respect des droits des travailleurs des plateformes d’hydrocarbures off-shore et des stations d’essence. Ils suggèrent aussi «une réflexion inclusive sur La Poste en vue de sauvegarder cet important outil, le règlement de la dette due aux hôpitaux et l’augmentation des salaires des travailleurs contractuels, la mise en œuvre des augmentations de salaires des travailleurs de la fonction publique locale, le règlement de la dette sociale de la société Dakar Dem Dikk, mais aussi le respect par la Direction générale de la Sonatel de l’accord cadre de 2022», disent-ils.
La Cnts dénonce la discrimination dont les enseignants décisionnaires sont victimes. Elle souhaite que ces derniers soient reversés dans les corps des enseignants fonctionnaires. Le Bureau confédéral invite le gouvernement à «examiner avec les employeurs la possibilité d’une augmentation généralisée des salaires dans le secteur privé et/ou l’octroi d’un crédit fiscal pour améliorer les conditions d’existence».
Les cas de l’Ipres et la Caisse de sécurité ont été aussi abordés. Les syndicalistes voudraient que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour procéder aux renouvellements des organes délibérants.
Pour permettre à des citoyens à revenus moyens de disposer d’un toit, Mody Guiro et Cie exhortent le gouvernement à accélérer le programme des 100.000 logements sociaux.
Sur l’international, la Cnts déplore la situation qui sévit en Tunisie tout en manifestant sa solidarité aux ressortissants de l’Afrique subsaharienne installés dans ce pays ainsi que les syndicalistes tunisiens. « Le Bureau confédéral demande au Bureau international du Travail (Bit) de s’autosaisir de la question afin d’amener le gouvernement à respecter les Conventions Internationales de l’Oit et à garantir la sécurité des biens et des travailleurs migrants établis en terre tunisienne», souligne-t-elle.
Ndèye Khady DIOUF