RECOMMANDATIONS POUR UNE ELECTION APAISEE ET TRANSPARENTE :La société civile invite le Président à prendre toutes les initiatives d’un apaisement du processus électoral et exhorte les acteurs politiques à bannir toute forme de violence



 
La tension est presque palpable. Les acteurs politiques se regardent en chiens de faïence et cela risque d’aller crescendo d’ici au 24 février 2024, date à laquelle les Sénégalais iront choisir un nouveau président de la république. La société civile, fidèle à sa démarche, a encore pris son bâton de pèlerin pour calmer les esprits, afin que tout le processus électoral se passe en paix. C’est dans cette perspective que le programme Nietti Elections a organisé un atelier de réflexion et d’échanges sur le processus électoral, en vue d’identifier des stratégies d’apaisement de l’espace politique, à travers la formulation de recommandations à l’endroit des acteurs du processus électoral.
 
Après les locales et les législatives de 2022, place maintenant à la présidentielle qui se tiendra en février 2024, soit dans 11 mois, avec tous les risques de perturbations qui s’y attachent. C’est pour cela que le programme Nietti Elections a tenu à réunir tous les acteurs du processus électoral autour d’une table pour avoir une élection présidentielle apaisée. A en croire la société civile, « ces dernières élections se sont déroulées dans un contexte marqué par la rupture persistante du dialogue politique et la méfiance, voire la défiance à l’égard d’institutions impliquées dans la conduite du processus électoral.
Et comme chaque élection depuis sa mise en œuvre, le parrainage a tenu une place de choix dans les discussions entreprises par les différents acteurs qui ont pris part à l’atelier de réflexion du programme Nietti Elections hier. S’y ajoutent aussi les nombreuses polémiques autour de la question d’une éventuelle troisième candidature du président de la République et les contentieux politico-judiciaires auxquels sont confrontés les principaux acteurs de l’opposition.
Fort de ce constat, la société civile décide de prendre les devants en appelant à des concertations en vue d’identifier des stratégies d’apaisement de l’espace politique à travers la formulation de recommandations pertinentes à l’endroit des acteurs du processus électoral.
Deux thèmes ont été développés à cet atelier de réflexion, qui a vu la participation de Cheikh Sarr, représentant la majorité présidentielle, Aldiouma Sow pour l’opposition, mais aussi Déthié Faye pour les non-alignés. Hormis la Direction générale des Elections qui a dû rejoindre le ministre de l’Intérieur à Sédhiou avec le Président Macky Sall, tous les acteurs du processus électoral étaient présents, en plus de l’ambassadeur des États-Unis.
L’opposition, fidèle à sa démarche, a naturellement flingué le parrainage comme d’habitude, tout en dénonçant énergiquement tous les manquements liés au processus électoral dont elle est la principale victime. Déthié Faye des non-alignés a lui aussi abondé presque dans le sens de l’opposition avec qui il partage certaines demandes.
Cheikh Sarr, venu représenter la majorité présidentielle, a par contre orienté sa déclaration sur la question de la confiance et de la responsabilité entre acteurs politiques, pour qu’ils puissent aller de l’avant. M. Sarr a aussi assuré toute sa disponibilité à tenir des discussions ouvertes. Le représentant de la majorité présidentielle n’a pas manqué de taquiner la société civile qui, selon lui, n’est pas très impartiale, surtout avec la mise en place du mouvement « Jamm mo gën 3e Mandat ».
A la fin des travaux,  Moundiaye Cissé et Cie ont retenu une bonne dizaine de recommandations,  parmi lesquelles on peut citer : « Redéfinir certaines notions du code électoral telles que liste de candidatures ; Revoir les délais de mise à disposition de la liste des électeurs aux candidats et aux listes de candidats    ; Garantir l’accès des partis politiques au fichier électoral par la prise du décret prévu par L.49 ; Institutionnaliser le dialogue politique par la mise en place d’un cadre permanent de concertation ; Initier de larges concertations autour du processus électoral », renseigne le président de l’Ong 3D.
Et sur la garantie du droit de vote et la simplification des procédures, il est recommandé de : « Revoir le processus de la définition de la carte électorale ; Modifier les articles L.29 et L.30 de manière à éviter la déchéance électorale automatique ; Instaurer l’enrôlement automatique des citoyens âgés de 18 ans et détenant leur CNI ; Instaurer l’usage du bulletin unique en vue de mieux garantir le secret du vote ; Envisager la mise en ligne permanente du fichier électoral etc. ».
Sur la gestion des candidatures, le programme Nietti Elections voudrait que les acteurs essaient de « Revoir le système du parrainage électoral en application de la décision de la Cour de Justice de la Cedeao, notamment par :  Instauration du parrainage optionnel et alternatif par des élus et des électeurs ; Détermination du pourcentage de parrains sur la base du nombre de votants, entre autres ».
Concernant le financement public des partis politiques, il est question de « Finaliser la réforme sur le financement public des partis politiques ;        Engager la réflexion sur la subvention des candidats à l’élection présidentielle ; Instaurer un système de régulation des dépenses de campagne électorale ».
Et enfin, sur les conditions pour un processus crédible, transparent et apaisé, Nietti Elections estime qu’il faut «         Restaurer la confiance aux institutions et entre les acteurs du jeu politique ; Instaurer un dialogue permanent et sincère entre les acteurs du processus électoral ;   Garantir l’indépendance des Organes de gestion des Elections ; mais aussi et surtout œuvrer pour l’instauration d’un climat de Respect, de Confiance mutuelle et de Responsabilité par toutes les parties prenantes du processus électoral », la société civile invite le chef de l’Etat à prendre les initiatives nécessaires en vue d’un apaisement du processus électoral, mais aussi   exhorter les acteurs politiques à bannir toute forme de violence ».
Ndèye Khady DIOUF
 
 
 
 
 
 
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