PASSATION DE SERVICE AU PARQUET DE DAKAR HIER: Amady Diouf parle de sa vie de Procureur de Dakar : L’humilité, l’humanité et le courage



 
Nommé procureur de la République en novembre 2021, en remplacement de Serigne Bassirou Guèye, Amady Diouf a été promu 1er Président de la Cour d’appel de Dakar, lors des dernières mesures du Conseil supérieur de la magistrature (Csm), il y a quelques jours. Il n’aura fait qu’un passage d’un an et trois mois au Parquet de Dakar. Sans regret, mais avec un petit pincement au cœur, du fait de la passion qui anime ce poste, le nouveau patron de la Cour d’appel de Dakar, qui a fait sa passation hier avec son remplaçant au Parquet, évoque son vécu comme chef du Parquet de Dakar. Il s’était fait comme viatique trois maîtres mots : l’humilité, l’humanité et le courage.
 
 
En un an et quelques mois à la tête du Parquet de Dakar, Amady Diouf a eu à prendre des décisions qui ont plu à certains et été sûrement critiquées par d’autres. Mais, il en est ainsi. La justice, c’est toujours une prise de décision. C’est ce qu’il a fait depuis qu’il est magistrat, mais surtout en sa qualité de procureur de la République. Hier, il a fait la passation avec son remplaçant et a lâché quelques mots, relatant en bref son vécu. «Notre passage au Parquet a été pour nous un moyen de servir notre passion qui est de servir la justice ; mais cela nous a permis de participer au rétablissement d’une vie démocratique dans un Etat de droit et aussi de veiller au respect et à l’équilibre de la nation, en promouvant la liberté et en faisant respecter les règles de sécurité», a d’emblée laissé entendre Amady Diouf.
Réagissant toujours par rapport à son vécu au Parquet de Dakar, le nouveau Premier président de la Cour d’appel de poursuivre, précisant ainsi les trois règles qui l’ont guidé durant ce bref passage. « Nous avons tenté d’agir avec humilité, en essayant de relativiser et d’éviter de se cramponner sur des certitudes. Ce qui fait qu’on a travaillé en groupe, de façon inclusive. Le Procureur ne fait que jouer un rôle d’animateur au sein d’une équipe plurielle. On a aussi essayé d’agir toujours et en toute circonstance avec beaucoup de responsabilité, en tenant compte des libertés individuelles, des droits des uns et des autres et le nécessaire respect des lois que nous nous sommes librement choisis - des lois votées donc à l’Assemblée nationale - dont le respect est nécessaire pour une vie en communauté. Le troisième repère, c’est que nous sommes convaincus qu’un procureur doit rester ce qu’il doit être, c’est-à-dire qu’il doit être habité d’un grand courage lui permettant de prendre souvent des décisions difficiles mais nécessaires. Ce sont ces trois viatiques que nous, nous avions adoptés : l’humilité, l’humanité et le courage. Le courage est une des qualités intrinsèques que doit avoir un magistrat», s’est ainsi exprimé le désormais ancien procureur de la République.
 
Procureur 24h/24
 
 
Interrogé par «Les Echos» sur sa vie, en dehors de son travail, Amady Diouf dit n’en avoir presque pas eu depuis qu’il a été nommé à la tête du parquet de Dakar. «C’est une fonction prenante, exaltante, passionnante, mais qui a une contrepartie, c’est qu’elle ne vous laisse aucune vie de famille possible. Vous êtes procureur 24 heures sur 24 ; vous n’avez aucune activité que celle-là».
 
Alassane DRAME
 
 
LES ECHOS

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