ME DJIBY SEYDI SUR LE CONTRÔLE JUDICIAIRE DES MÉDECINS INCULPÉS DANS LE DRAME DE KÉDOUGOU «Nous attendons qu'ils soient entendus sur le fond de l'affaire pour, après, demander la révocation du contrôle judiciaire»



 
 
Inculpés pour homicide volontaire et involontaire, le personnel médical du district de Kédougou, après audition, a été placé sous contrôle judiciaire par le juge d'instruction du tribunal de la localité. Cependant, l'un des avocats des mis en cause, en l'occurrence Me Djiby Seydi, souhaiterait que ses clients soient entendus sur le fond du dossier afin qu'il puisse plaider la révocation du contrôle judiciaire, même s'il estime que ce dernier est une décision d'apaisement.
 
 
Le gynécologue Dr Léon Mbada Faye, l’anesthésiste Aziz Dioum et l’infirmier de poste Bacary Diakhaté ont été présentés, hier lundi, devant le juge d'instruction du Tribunal de grande instance de Kédougou qui, après audition, les a inculpés pour «homicide volontaire» en ce qui concerne la mort du bébé et «homicide involontaire» pour celle de la mère. Ces inculpés, au lieu d'un mandat de dépôt, ont été placés sous contrôle judiciaire malgré le décès en couches de la victime Mamy Doura Diallo et de son bébé.
 
 
Ils doivent émarger toutes les 3 semaines dans le cabinet du jug

 
 
 
Sur les motivations qui ont poussé le magistrat instructeur à les placer sous contrôle judiciaire, l'un des avocats constitués pour leur défense, Me Djiby Seydi, a estimé : «les inculpés sont régulièrement domiciliés à Kédougou où ils exercent leur activité professionnelle en tant qu'agents de l'Etat (...). Ils doivent venir toutes les 3 semaines émarger dans le cabinet du juge. C'est la seule condition du contrôle judiciaire. C'est une façon pour le juge d'instruction de contrôler leur présence et de pouvoir les avoir à sa disposition chaque fois qu'il le voudra pour les besoins de l'instruction», révèle l’avocat.
 
 
 
«Si on les avait gardés en prison, la population de Kédougou allait se retrouver sans gynécologue ni anesthésiste»
 
Le spécialiste du droit d’indiquer que cette décision se justifie amplement car si on les avait gardés en prison, la population de Kédougou allait se retrouver sans gynécologue ni anesthésiste, car ce sont les seuls spécialistes dans cette branche de la médecine qui officient là-bas. «Aucune autre condition ne leur a été fixée et nous on n’a rien plaidé, parce que nous avons voulu éviter la prison à nos clients», dit-il. Toutefois, le conseil qui qualifie cette mesure de contrôle judiciaire «d'une bonne décision» d'ajouter : «c'est une décision d'apaisement. Nous attendons qu'ils soient entendus sur le fond de l'affaire pour, après, demander la révocation du contrôle judiciaire qui à notre avis est une semi liberté puisque l'inculpé n'est pas libre de tout mouvement. Il est obligé de venir émarger tous les 3 semaines pour montrer au juge qu'il est là. Et même s'il devait s'absenter, il doit également se présenter devant le juge. Et c'est contraignant. Et selon la loi, la violation de la mesure entraîne la révocation du contrôle judiciaire et le placement immédiat de l'inculpé sous mandat de dépôt. Ça c'est un peu une épée de Damoclès qui pèse sur les interpellés. c'est mieux que rien, ce contrôle judiciaire. Ce n'est pas une mesure beaucoup plus draconienne que le mandat de dépôt. Pour l'instant, on se satisfait de ça», indique Me Djiby Seydi. Qui conclut : «nous allons avoir une date pour qu'ils soient entendus sur le fond puisque nous sommes pressés de démontrer l'innocence de nos clients».
 
Fatou D. DIONE
 
 
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