A entendre les députés de la majorité et de l’opposition se crêper le chignon, on croirait qu’ils ne s’adressent même pas la parole. Or, c’est loin d’être le cas. En dehors des débats en plénière, ce sont de véritables amis, à l’image des jeunes députés de l’Apr et du Pds.
Les séances de pugilat verbal sont devenues monnaie courante à l’Assemblée nationales, avec souvent des dérapages et accrochages physiques, comme ce fut le cas récemment entre des députés de la majorité et Abdou Bara Dolly. Ce dernier ne ménage guère ses collègues de la majorité, qu’il a traités sans sourciller de corrompus, samedi dernier, lors du vote de la loi portant révision de la Constitution. De même les échanges sont très souvent rudes, frisant souvent l’injure et l’insulte, entre la majorité et l’opposition. Et pourtant, tout cela ne semble relever que d’une théâtralisation, si l’on tient compte du comportement des parties, les unes vis-à-vis des autres, en dehors des prises de parole et même parfois en pleine plénière.
Abdou Mbacké Bara Dolly très courtois avec ses collègues de la majorité en dehors des débats des plénières
En effet, alors qu’il a été très dur avec ses collègues, le député Abdou Bara Dolly, tout juste avant l’ouverture de la séance, a passé de bons moments à discuter chaleureusement avec certains d’entre eux. On l’a vu taquiner Abdou Mbow et lui tapoter l’épaule en passant près de lui. Il s’est même levé de son siège, pour aller saluer et échanger avec Aymérou Gningue, Farba Ngom et autres, au fond de la salle. C’est dire qu’avant les débats, rien ne présageait de la virulence dont il a fait montre à l’endroit de ses collègues au moment de prendre la parole. D’ailleurs, dans leurs interventions, plusieurs députés ont souligné que c’est en plénière qu’il s’attaquent à eux, alors qu’en dehors de la salle, il est toujours avec eux, courant, selon une intervenante, derrière certains pour avoir des marchés.
Abdou Mbow, Sira Ndiaye, Toussaint Manga, Marie Sow…, des courroies de transmission
S’il y a une «complicité» qui saute à l’œil, c’est bien celle qu’entretiennent les plus jeunes députés de la mouvance présidentielle et de l’opposition. Avant la séance et durant la pause, on a vu Abdou Mbow et Sira Ndiaye, Toussaint Manga, Marie Sow Ndiaye et le nouveau, Abdou Aziz Diop, venu plus tard, discuter longuement. Toussaint Manga s’est même permis de taquiner une jeune parlementaire apériste, avant qu’il ne se fasse entendre dire, par Sira Ndiaye, de la laisser tranquille, parce qu’elle est apériste, et lui, libéral. Mais s’il y a un député qui est en bons termes avec les opposants, c’est bien le 3evice-président de l’Assemblée nationale Abdou Mbow. Il est partout, discutant avec presque tout le monde. Samedi, en plus de ses jeunes collègues libéraux, dont le nouveau venu, Abdou Aziz Diop qu’il a présenté comme son «ami» et «un juriste confirmé», on l’a vu en discussions soutenues avec Mamadou Lamine Diallo et Déthié Fall, deux des plus virulents parlementaires contre le régime. Comme quoi, être adversaires politiques ne signifie pas se regarder en chiens de faïence.
Mbaye THIANDOUM