CONDAMNÉE AVEC SON MARI EN 2007 POUR TRAFIC DE DROGUE AVANT DE BÉNÉFICIER D'UNE GRACE PRESSIDENTIELLE :Mame Diarra Sèye retourne 10 ans après en taule pour 10 ans de réclusion criminelle pour les mêmes faits



Après avoir bénéficié d'une grâce présidentielle en 2007 à la suite d'une affaire de trafic de drogue dans laquelle elle était impliquée avec son époux, Mame Diarra Sèye retourne encore en prison en 2017, (10 ans après). Jugée en première instance en 2020, elle a été condamnée à 10 ans de réclusion criminelle pour les mêmes faits. Peine dont le Procureur général a requis la confirmation hier devant la chambre criminelle d'appel de Dakar. 
 
 
 
Condamnée avec son mari en 2007 pour trafic de drogue, la dame Mame Diarra Sèye a eu la chance de bénéficier d'une grâce présidentielle après avoir passé quelques années en prison. Mais, 10 ans plus tard, en 2017, cette bonne dame a été une seconde fois arrêté pour les mêmes faits. En effet, ce sont des pneus contenant de la drogue que les policiers avaient retrouvés dans son domicile. Inculpée puis condamnée en première instance en 2020 pour complicité de trafic intérieur de drogue à 10 ans de réclusion criminelle, cette accusée qui a passé 6 ans dans les liens de la détention a interjeté appel. C'est suite au jugement qui a été rendu le 2 décembre 2020 qu'elle a été jugée en appel hier. Cette mère de famille qui a toujours réfuté ces faits a encore plaidé non coupable. À l'en croire, elle s’est retrouvée dans cette situation à cause de l’erreur qu’elle avait commise lors de sa jeunesse. Quand elle et son époux avaient été incarcérés. « Depuis mon élargissement de prison, je me suis consacrée à ma réinsertion dans la société. Je suis dans le commerce de tissus au marché Hlm. C’est dans ces circonstances que j’ai fait la connaissance de Pape Doumbouya, le Malien qui a dissimulé son chanvre indien chez moi. En effet, l’ayant connu au marché et étant mon livreur de tissus, je l’ai hébergé chez moi parce que je parle bambara comme lui. Je ne savais pas qu’il était un trafiquant de drogue », dit-elle. Le jour de son interpellation, précise-t-elle, les agents l'ont trouvée à l’hôpital Le Dantec où elle récupérait les résultats de ses analyses médicales. Mame Diarra Sèye poursuit en révélant avoir conduit les enquêteurs chez elle dans la chambre où elle hébergeait son hôte, Doumbouya. Elle enchaîne : « une fois sur place, ils ont retrouvé les pneus où était dissimulé du chanvre indien. J'avoue que le jour où il débarquait chez moi, un vendredi, il ne m'avait pas avertie, alors que j'étais à une cérémonie jusqu'au samedi. J'ignorais qu'il cachait ses pneus dans la chambre. Et j'ai constaté leur existence après que mon père m'a avisé du bruit étrange que mon hôte n'a cessé de faire dans cette pièce. Car, je l'ai surpris en train d'enlever le chanvre qu'il avait caché dans ces pneus. On s'est disputé parce que je lui ai demandé de le sortir de la maison pour éviter un problème ». Son coaccusé Alioune Sèye, qui l'avait pourtant enfoncée tout le long de cette procédure, s'est rétracté devant le juge d'appel. Selon lui, il a entendu la première fois le nom de Mame Diarra Sèye dans les locaux de la gendarmerie. Le sieur Sèye s'est reproché d'avoir « accusé à tort » cette dame. Cet accusé qui avait aussi écopé de 10 ans de réclusion criminelle a expliqué : « c’est en prison que j'ai pris conscience du fait de l'avoir accusée à tort. Je ne la connais pas et je ne l’ai jamais vue. Puisque je suis un chauffeur de taxi-clando, un individu en fuite a loué mes services. Pour convoyer les trois sacs à Gadaye, nous sommes tombés d’accord sur le prix de 3000 F Cfa. J’ignorais tout de même que les sacs contenaient de la drogue. Cet individu était à bord de sa moto et moi je le suivais ». Ces aveux qui disculpent Mame Diarra Sèye ont poussé ses avocats à demander son acquittement. Ainsi les robes noires ont déclaré qu'aucun élément ne permettait aux juges de la première instance d’entrer en voie de condamnation contre elle. Les conseils d'Alioune Sèye ont aussi sollicité son acquittement au bénéfice doute. Il ignorait selon eux la nature de la marchandise qu’il transportait. Mais l'Avocat général qui est convaincu de la complicité qui est reprochée aux accusés a requis la confirmation de la première peine. Après les débats, l'affaire est mise en délibéré pour le 28 mars prochain. 
 
Fatou D. DIONE
 

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