CHEIKH TIDIANE DIEYE, MINISTRE DE L’HYDRAULIQUE ET DE L’ASSAINISSEMENT FLINGUE SON PRÉDÉCESSEUR

«Il y a beaucoup d’incohérences dans les politiques publiques, beaucoup de structures dans les ministères font les mêmes missions. Tout ça a besoin d’une régulation, d’une harmonisation et de mise en cohérence »




 
 
 
A l’occasion de la 2e journée des concertations nationales sur l’eau et sur l’assainissement dénommées «Penc’eau» ouvertes jeudi à Kaolack, le ministre de l’Eau et de l’Assainissement a accusé son prédécesseur de lui avoir légué des politiques publiques incohérentes, de créer des structures qui ont la même mission. C’est pourquoi il a souligné l’urgence de la création de l’Autorité de l’eau et de l’assainissement pour pouvoir réguler les deux secteurs et il a pris la décision de tout réorganiser.
 
Le deuxième jour de concertations nationales sur l’eau et sur l’assainissement a été marqué par des travaux d’ateliers sur les quatre thématiques stratégiques suivantes : «Services sécurisés d’eau potable et eau productive», «Services sécurisés d’assainissement et gestion des eaux pluviales», «Gestion intégrée et territorialisée des ressources en eau» et enfin «Gouvernance, financement, capacités et partenariat». Experts, acteurs et usagers des deux secteurs ont partagé leurs expériences et réflexions pour trouver un créneau solide sur lequel le gouvernement doit s’adosser pour dérouler à fond son programme.
Ministre de l’Eau et de l’Assainissement, le Dr Cheikh Tidiane Dièye a fait le tour des quatre commissions pour un état des lieux des travaux. «Nous avons eu d’excellents panels de très haut niveau. Une journée qui a donné la parole à l’ensemble des acteurs. Cela nous a permis de récolter une bonne moisson de points de vue quelquefois contradictoires mais toujours consensuels», s’est-il réjoui.
Et pour cette seconde journée d’hier, il fait savoir : «j’ai fait les quatre groupes pour regarder, écouter et j’ai trouvé des participants très motivés, très engagés dans ce qu’ils sont en train de faire et qui ont conscience de l’importance de ce qui se joue aujourd’hui ici à Kaolack», a exprimé Dr Cheikh Tidiane Dièye.
 
 
«Avec les changements climatiques, nous pouvons faire face à des inondations fluviales»
 
 
Aussi, le ministre est revenu sur l’importance des quatre thèmes : «Gestion intégrée et territorialisée des ressources en eau. Il est important d’avoir cette approche intégrée de toute la ressource eau, de cette approche territorialisée en restant collé aux différents pôles territoires qui vont guider l’évaluation et la conduite des politiques publiques. L'eau potable, c’est l’eau à boire pour la consommation humaine. L’eau productive va porter la production agricole, la souveraineté alimentaire, booster l’industrialisation et créer des emplois. C’est vous dire l’importance de cette eau productive par les grands projets de transfert que nous allons faire pour arroser l’ensemble du pays ; Il y a aussi les services sécurisés d’assainissement et gestion des eaux pluviales. L’accès à l’assainissement est une question de dignité humaine. Notre pays a fait des efforts et des progrès, mais on a beaucoup à faire. La volonté du gouvernement est de résoudre le problème de l’accès à l’assainissement, mais également la bonne gestion des eaux pluviales, avec une bonne perspective pour préparer l’hivernage 2025 et anticiper sur les crues. Nous savons qu’avec les changements climatiques, nous pouvons faire face à des inondations fluviales. Toutes choses qui font que ce groupe a un rôle important à jouer en termes de livrables à la fin de nos concertations. Il y a enfin le groupe qui travaille sur la Gouvernance, sur les financements, les capacités de gestion et les partenariats. Quelle que soit la quantité de ressource eau que nous avons, quelle que soit la volonté que nous avons d’en faire le moteur de croissance et du développement, si nous n’avons pas des institutions adaptées et solides, si nous n’avons pas réglé les nombreux problèmes que nous avons trouvés dans les politiques publiques, ce sont des chevauchements de politiques. Il y a beaucoup d’incohérences dans les politiques publiques. On voit beaucoup de structures dans les ministères qui se marchent sur les pieds parce qu’elles font les mêmes missions. Et tout ça a besoin d’une régulation, d’harmonisation et de mise en cohérence. L’eau n’est pas une marchandise quelconque. C’est une ressource vitale pour la communauté. Il faut qu’on ait accès à cette eau en quantité et en qualité à bas coût. Mais cela demande des financements adaptés, cela demande la mobilisation du secteur privé international comme national. Tout cela a besoin d’une vision claire sur la levée de financements concessionnels quand c’est possible», explicite Dr Dièye.
 
«L’eau, comme l’électricité et le téléphone, a besoin d’une autorité de régulation»
 
 
 
Ainsi, le ministre renseigne de l’importance de la mise en place de la Haute autorité de l’eau, à l’image de la téléphonie. Sur cette question, il a manifesté l’intérêt du gouvernement pour pourvoir désormais réguler ces deux secteurs dominés par l’informel dans la pratique sur le terrain. «L’eau, comme l’électricité et le téléphone, a besoin d’une autorité de régulation. Il y a un groupe qui y travaille pour affiner ce projet de Haute autorité de régulation du secteur de l’eau, qui a été créée par le président de la République. Il nous faut une autorité la plus consensuelle, la plus inclusive possible», fait-il savoir.
L’objectif de cette rencontre, c’est de donner les outils nécessaires et scientifiques pour garantir un accès équitable à l'eau multi-usages et aux services d'assainissement pour tous les Sénégalais, quels que soient leur lieu de résidence et leur statut social, un objectif que veut atteindre le président de la République avant la fin de son mandat en 2029.
Baye Modou SARR
 
LES ECHOS

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