AFFAIRE CONTRE MAME MBAYE NIANG: La défense de Sonko se renforce d’avocats étrangers et sollicite un autre renvoi




 
Après deux renvois, toujours à la demande des avocats de Ousmane Sonko, ce dossier de diffamation initié par Mame Mbaye Niang va-t-il finalement être plaidé aujourd’hui ? Rien n’est sûr. Si la partie civile est prête, ce n’est pas apparemment le cas de la défense qui, encore une fois, est dans une dynamique de faire renvoyer le dossier pour la troisième fois. Des demandes de renvoi ont déjà été envoyées au président, par les avocats nouvellement constitués. Car, des avocats étrangers se sont joints à la défense. Mais, le juge a le dernier mot.
 
On va tout droit vers un rude bras de fer, comme pour la dernière fois, entre les avocats de Ousmane Sonko, ceux de Mame Mbaye Niang et le Parquet. Et, par conséquent, le juge du Tribunal correctionnel aura fort à faire, pour gérer son audience. Car, selon nos informations, les conseils du maire de Ziguinchor veulent un nouveau renvoi de l’affaire. Déjà, des demandes de renvoi ont été adressées au juge. Motif invoqué : la nouvelle constitution d’avocats. En fait, des avocats étrangers se sont joints au pool de Sénégalais. Ce qui fait qu’ils sont autour de 16 avocats. S’agissant des étrangers, il y a un Burkinabé, les deux autres seraient un Marocain et un Français. Et comme si cela ne suffisait pas, d’autres avocats, toujours de nationalité étrangère, souhaitent rejoindre le groupe, selon nos informateurs. Reste maintenant à savoir si le juge va accéder à leur demande.
Lors de la dernière audience, la bataille a été rude entre les parties, car aussi bien la partie civile que le Parquet se sont opposés à la demande de renvoi de la défense. Les débats ont été tellement houleux qu’il a fallu l’intervention d’un membre de l’Ordre des Avocats pour calmer les ardeurs et que le renvoi leur soit accordé.
Dans cette affaire, Ousmane Sonko est poursuivi pour diffamation, injures et faux. C’est suite à une plainte de Mame Mbaye Niang devant le Parquet que l’affaire a atterri devant le juge correctionnel. Le maire de Ziguinchor avait soutenu qu’il y avait un rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige) qui avait épinglé l’ancien ministre de la Jeunesse qui avait sous sa tutelle technique le Programme des domaines Agricoles Communautaire (Prodac). Ousmane Sonko était revenu sur ses propos pour dire qu’il avait fait un lapsus linguae et qu’il s’agit de l’Inspection générale des finances.
Mais, peu importe, le Parquet, dans le traitement de l’affaire, avait ajouté à l’infraction de diffamation, celles de l’injure et du faux. L’opposant politique est convaincu que le régime veut l’écarter de la prochaine élection présidentielle. Il a déclaré à qui voulait l’entendre que la présidentielle ne se passerait pas sans lui. Ses conseils sont d’ailleurs soupçonnés de vouloir retarder le procès pour éviter une condamnation définitive qui exclurait leur client de la présidentielle de 2024.
Par ailleurs, par rapport aux évènements du 16 février dernier, Ousmane Sonko a été ferme ; il a juré que personne ne lui choisira son itinéraire, en se rendant au palais de justice. Il est conforté par un de ses avocats qui, sous le sceau de l’anonymat, rappelle que le juge lui-même tout comme Mame Mbaye empruntent le chemin qu’ils veulent pour aller au Tribunal de grande instance hors de classe de Dakar.
 
 
Alassane DRAME
 
LES ECHOS

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